mercredi 28 novembre 2012

LV ~ Les vacances, c'est aussi fatiguant que le travail 1re partie

Nous avons assisté hier à la répétition générale du Requiem de Dvorák.

Bien. Le décor est posé, par où commencer ? 

Je me demande combien de naissances, ou de renaissances, un être humain peut avoir. Cette musique, ou en tout cas la manière dont elle a été interprétée ce soir-là, fut une expérience à la limite du mystique. Je suppose que le fait que ce soit un requiem joue ; je ne m'étais renseignée sur rien avant d'y aller, vraiment, j'étais vierge de toute pré-interprétation, ça a joué aussi, sans doute. Le lieu également : nous étions dans une salle où j'ai joué, enfant, et où je revenais pour la première fois depuis la blessure, en tant que spectatrice donc. Peut-être me trouvais-je, sans réellement vouloir me l'avouer, dans un état psychique qui réclamait quelque chose ; je n'ai pas vraiment envie de commencer à présupposer des bases qui ne sont pas vérifiables, pour autant je pense qu'elles ont contribué à rendre l'expérience de ce soir unique : l'art, la beauté sont choses suffisamment subjectives pour avoir besoin de conditions très particulières pour trouver leur résonance la plus optimale. Ce soir il fallait un certain orchestre, un certain nombre de personnes dans la salle pour arriver à une certaine acoustique, et une certaine personne dans un certain état d'esprit pour qu'elle puisse vivre plus (ou pas, au fond) que l'œuvre en elle-même.

Dès les premières minutes, j'ai pleuré. Ce fut la première fois depuis assez longtemps que je vivais une expérience musicale aussi éprouvante : pendant la quasi-totalité de l'heure et demie qu'a duré le requiem, j'étais tendue, totalement crispée. Aux brèves périodes de méditation sur ce que j'étais en train de vivre et d'écouter se succédaient des moments d'extase : je me suis dit que ce soir, on frôlait la perfection, et que s'il fallait s'en rapprocher encore un peu plus, mes sens lâcheraient totalement. Je pense sérieusement que mieux aurait été inaudible et inhumain, sur moi en tout cas. Si j'avais l'intuition qu'un trop plein de perfection pouvait rendre fou, je pense en avoir à présent quasiment l'expérience. 

Le terme que j'ai employé en sortant de la salle fut « éprouvant », parce que ce fut une épreuve, presque un rite initiatique. On n'est plus jamais vraiment le même au fur et à mesure que l'on se cultive (au sens premier du terme), mais il est des expériences qui ébranlent trop pour que l'on puisse se regarder de la même façon avant et après les avoir vécues. L'art peut avoir ce rôle-là, grâce à ces petits miracles des conditions réunies. Ce soir, je me demande à quel point l'œuvre peut dépasser le créateur. Jusqu'où il est responsable de ce qu'elle produit sur le spectateur, à partir de quand elle peut avoir une existence suffisamment indépendante pour que le sentiment qu'elle dégage ne soit plus celui de la simple forme qui lui a été insufflée.

Je trouve ce concept de forme éminemment problématique, parce que ce à quoi il s'applique est souvent, à mon goût, plus que vague, surtout dans un art comme la musique. Si la mélodie ne change pas d'une interprétation à une autre, la forme varie à chaque fois, par le rythme voulu par celui qui la remodèle à son image, les accents mis sur certains passages, l'instrument sur lequel il est joué. J'ai posté il n'y a pas longtemps la version qu'Argerich a du Gibet : c'est ma préférée, pourtant c'est l'un des seuls pianistes à jouer ce morceau aussi lentement. Je ne suis même pas sûre que Ravel voulait qu'on le joue de la sorte. Ce n'est donc pas la seule mélodie qui me plaît, forme immuable que l'artiste a donné à sa création, mais une autre qui ne dépend plus de lui. Cette mélodie me plaît, c'est indéniable : mais je l'aime jouée d'une certaine manière, peut-être parce qu'elle m'évoque des choses qui pour moi prennent leur sens dans la lenteur ; mais alors est-ce encore la forme de l'œuvre que j'apprécie, ou celle qu'elle imprime en moi lorsque je m'y confronte ? Ce que je trouve beau, est-ce l'œuvre elle-même, ou le reflet qu'elle laisse dans mon esprit ?

Je pense qu'un jugement de goût n'est jamais vide de préjugés, qui ne touchent pas nécessairement à l'œuvre sur laquelle le jugement porte. Par exemple, je pense qu'il faut se détacher de toute considération morale pour apprécier une œuvre d'art : il est difficile de dire d'un tableau qui représente une scène de chasse qu'il est beau si on ressent une aversion profonde et incontrôlable pour tout ce qui touche à la cruauté exercée sur les animaux ; si, pour se dédouaner, on dit « Je ne cautionne pas la chasse, mais je trouve ce tableau beau », c'est que l'on a réussi à faire abstraction de sa conscience morale en ce qui concerne le jugement porté sur cette œuvre précisément, ce qui ne sera peut-être pas le cas pour toutes les œuvres qui portent sur la chasse. Si au contraire la première réflexion que l'on a est « Beurk, une scène de chasse », ce n'est pas l'œuvre en elle-même que l'on juge, mais la manière dont elle s'insère dans un schéma de pensée qui n'a pas grand chose avec l'art en lui-même (bon, je pars du présupposé que l'art est ce qui touche à l'expression de la beauté par l'homme, même si au fond ça doit se justifier aussi, mais ce serait une digression dans ce contexte-ci et je n'ai pas envie de trop m'éparpiller). Pour autant, je ne pense pas que si cette œuvre plaît malgré la scène de chasse ce soit grâce à sa seule existence : l'harmonie de sa composition, ses couleurs, l'expression de ses personnages renvoient à des idées – ou peut-être plutôt des intuitions – auxquelles le spectateur est sensible, et la référence devient si précise et si forte qu'il finit par en être touché. Ce qui expliquerait aussi que les jugements de goût ne puissent être expliqués, ni débattus : il font appel à un cadre précis, ces conditions dont je parlais au début, qui varie selon les individus, qui font que le sentiment et son intensité varient en fonction des spectateurs. Le talent de l'artisan est de créer des artéfacts qui soient suffisamment relevés techniquement, agréables à l'œil, ou provocants (sinon tout à la fois) pour passer les âges et mériter sa place dans la poussière d'un musée, mais seul le génie de l'artiste fait qu'une œuvre dépasse ces considérations pour devenir une épreuve, bouleverser un individu au point de s'imprimer en lui au détriment de sa propre conscience, de ce qui est explicable, de ce qui est traduisible par autre chose que des larmes. Et certains bouleversements sont si violents... qu'ils en sont à la fois terriblement douloureux et délicieux. Tout à l'heure, mon esprit incroyant ne cherchait, en vain, qu'une puissance supérieure devant laquelle s'agenouiller pour la remercier de lui avoir fait connaître ceci. Rarement j'aurais été aussi heureuse d'être en vie. Tout prenait un sens différent, des choses obscures m'apparaissaient soudainement effrayantes de clarté. Que vais-je faire de mon existence, après avoir pris de plein fouet dans mon âme les chœurs de Dvorák ? Les gifles sont parfois nécessaires pour revenir à soi, et celle-ci en était une monumentale. Le Requiem aura été l'avertissement le plus sublime que j'ai jamais reçu. 

mercredi 21 novembre 2012

LIV ~ Je ne pensais pas que j'aurais l'occasion de dire ça un jour, mais je suis d'accord avec Napoléon.

« Par exemple, il y a bien longtemps que je me suis expliqué le dénouement de Cinna. Je n'y voyais tout d'abord que de moyen de faire un cinquième acte pathétique, et encore la clémence proprement dite est une si pauvre petite vertu quand elle n'est point appuyée sur la politique, que celle d'Auguste, devenu tout à coup un prince débonnaire, ne me paraissait pas digne de terminer cette belle tragédie. Mais une fois, Monvel, en jouant devant moi, m'a dévoilé le mystère de cette grande conception. Il prononça le Soyons amis, Cinna d'un ton si habile et si rusé que je compris que cette action n'était que la feinte d'un tyran, et j'ai approuvé comme calcul ce qui me semblait puéril comme sentiment. Il faut toujours dire ce vers de manière que de tous ceux qui l'écoutent, il n'y ait que Cinna de trompé. »

Napoléon, in Mémoires de Mme de Rémusat.

Tout ça pour dire que Cinna, c'est bien. Tout ce sentiment teinté de grandiose a beaucoup fait battre mon cœur entre deux rames de RER. Je relirais bien un peu de Corneille après Robinson Crusoé. Sauf que je sais déjà que j'aurais envie d'autre chose après. Tant de livres, et trop peu de temps pour les lire ; bon sang que la vie est frustrante parfois ! On peut toucher tant de choses du doigt, et à peine les a-t-on frôlées que l'on disparaît. J'aurais bien envie de me pendre, si là n'était pas le problème.

Sinon, j'ai à nouveau changé le layout. Celui-ci est définitif, normalement. Je ne me retrouvais pas dans le dernier imprimé de AatP, trop de... non-noir. Aucune combinaison de couleur ne me plaisait. *ricane contre elle-même*.

lundi 19 novembre 2012

LIII

Hier, j'ai reçu une commande massive que j'ai passée en début de mois chez Ünt et Sasa. Cela fait plusieurs mois que je teste des produits Ünt et que ma nature de peau absolument désespérante semble apprécier, maintenant j'ai de quoi me faire un bon layering et quelques soins intensifs. Je ferai peut-être quelques reviews si je tombe sur des produits miraculeux (ou désastreux, histoire que d'autres ne tombent pas dans le même panneau que moi). 

Ces deux derniers jours furent plus que reposants, chose agréable. Deux jours à lire, boire du thé, jouer à Professor Layton et faire quelques petites choses de mes mains.

Une paire de boucles d'oreilles, un chapelet et une couronne de fleurs.
Le chapelet est fait de perles d'améthystes, ma pierre préférée avec le grenat (d'ailleurs je pense me faire un chapelet de grenats aussi, mais avec une croix dorée). Il est censé figurer la sagesse et l'humilité (améthystes & médaille centrale qui représente saint Benoît) ; même s'il n'est pas parfait ça en fait une pièce assez spéciale à mes yeux.
Quand à la couronne de fleurs, je suis contente de l'avoir enfin réalisée car j'avais envie d'en avoir une depuis très longtemps. J'ai utilisé de petites roses et des fleurs d'hortensias que j'ai achetées chez BlissfulSilk et dont je suis très satisfaite. Leurs couleurs sont légèrement plus ternes que sur la photo : je voulais quelque chose de doux, un peu virginal. Elle est très voyante et je ne sais pas vraiment comment  la porter, mais quoi qu'il en soit je suis contente de l'avoir. Je met ici le lien du blog où j'ai trouvé comment la faire : c'est vraiment très simple et amusant à construire. 

J'en profite aussi, avant d'aller pleurer devant Doomsday, pour mettre le lien vers le guide que j'ai suivi pour faire mon blood nail art à l'occasion de la TP Halloween.

And now, ladies and gentlemen, tears. Music (almost) unrelated.

jeudi 15 novembre 2012

LII

Je trouve amusant qu'un mouvement contestataire comme le lolita se soit mué en une sorte de protecteur d'une culture bourgeoise et aristocratique fondatrice des mœurs modernes. Je me demande si c'est parce l'ordre du monde au XXIe siècle est totalement inversé par rapport aux siècles précédents, ou parce que le lolita n'est, au fond, qu'un fantasme qui se permet de mêler passé et présent de façon plus ou moins cohérente.
Comment nous, lolitas occidentales, européennes de surcroît, devons-nous considérer les racines du mouvement lolita ? De prime abord, le punk, l'affirmation de soi comme être volontaire, détaché des conventions, libre enfin, colle mal avec cette lassitude désespérée que camoufle mal le rococo, ou cette pudeur soumise de l'ère victorienne. Pourtant, la jeune fille parvient à proclamer sa liberté en cachant pudiquement sa lassitude derrière son armure de vêtements. La lolita est un monde à elle seule, son vêtement transmet et retient ; il indique que la règle change, et en maintient le quidam à distance respectable.
Quelle règle le lolita rejette-t-il, alors ? On lit souvent, lors de discussions entre lolitas, dans la communauté, que ce qui définit le style est l'élégance, la pudeur (voire même la pruderie, sinon la pudibonderie si j'en crois le nombre impressionnant de confusions que je lis sur ces différents termes), le plaisir de se cultiver, etc. etc., mille et une choses qui, apparemment, ne se retrouvent pas dans un monde de « pou-pouffes en short » et de « kikoolol ». Pour autant, la lolita est vertueuse, et donc ouverte d'esprit (sic.). Je commence sérieusement à penser, et c'est ce qui me pousse de plus en plus à m'éloigner des communautés, que le plaisir d'être lolita ne se trouve pas tant dans une harmonie entre l'être et le paraître, mais plutôt dans la volupté de pouvoir se placer en décalage avec son époque, d'avoir de vraies valeurs (??) à brandir comme étendard, bref, une volupté de se sentir exister face à une masse qui ne fait que suivre bêtement les tendances. Faire partie d'une sous-culture est divinement agréable à l'ego, pour autant exister en contradiction ne suffit pas à se définir. Je crois qu'aujourd'hui il est définitivement temps de séparer le lolita comme sous-culture très basique, soit une case de la culture de masse au sein de la culture de masse, et le lolita comme force créatrice, mouvement intellectuel, artistique, culturel. 
Pour moi, le lolita n'est pas tant rejet que réflexion. En lui se reflète le monde, et la lolita y pioche ce qu'elle souhaite. C'est une interprétation de la substance constitutive de l'univers qu'elle teinte d'onirisme. En cela, elle se doit, en effet, d'être ouverte d'esprit : ce qui la différencie des autres, c'est l'interprétation qu'elle donne aux choses. Cette interprétation se traduit par le vêtement, mais pas que. Ce qui compte, c'est ce qui se dégage de la silhouette et du vêtement. Il y a des règles pour définir la silhouette lolita, mais on peut l'être sans l'embrasser totalement : « c'est du lolita » est totalement différent de « être lolita », pourtant les deux se confondent sans cesse. Pour moi, le vêtement n'est pas la fin, mais l'incarnation ; il n'est pas l'esprit du lolita, mais le temple.
Dès lors, comment définir ce qui fait l'âme du lolita ? La question est difficile, car elle fait appel à des choses enfouies dans ma personnalité et dans celle de tant d'autres jeunes filles ; beaucoup d'entre nous disons que nous étions lolita avant même de la savoir, parce que le mouvement général épousait celui qui faisait battre notre cœur sans qu'on ne sache réellement pourquoi. Voici quelques vagues grandes lignes que je parviens à mettre en valeur :
~ Nostalgie d'un temps que l'on n'a pas connu. Le lolita est une réminiscence qui conduit au spleen et au respect de ce qui est ancien.
~ Paradoxe de la jeune fille, qui cultive à la fois l'enfance et le mystère de la féminité.
~ Besoin de créer, par le vêtement, ou par des moyens d'expression que l'on peut parfois assimiler à de l'art (ah, iniquité du talent !)
~ Pudeur dans l'attitude et, pitié ! pas simplement dans l'apparence...
~ Réflexion, donc. Par là je n'entends pas seulement le détachement de la culture « de base », mais aussi de la culture bourgeoise, académique dont je parlais au début. Le but n'est pas de lire un livre, d'aller voir une exposition, ou d'écouter du Chopin en buvant du thé pour s'en vanter ensuite, ou recracher ce que l'on a appris comme dans une interrogation écrite. C'est réellement la réfléchir en soi pour l'ingérer, la comprendre au sens premier du terme, et la faire sienne.
~ Esthétisme. C'est le terme qui, pour le moment, m'est le plus problématique. La lolita a un rapport privilégié avec la beauté, j'en suis persuadée. Lequel, c'est ce que je ne parviens pas encore à définir.  Cela ne restera qu'instinctif pour le moment, donc.
Bref, à mon sens, tout ceci fait que le lolita doit être considéré comme un mouvement à part entière, pas simplement comme une sous-quelque-chose, un moyen de se divertir. Je suis dévastée de voir comme il prend le chemin d'un semi-art-de-vivre, dont le seul but est de paraître, au détriment de toutes les réflexions et des productions artistiques qu'il pourrait engendrer. Heureusement, ces derniers jours, en me détournant un peu plus de la communauté « principale », je vois qu'il reste encore beaucoup de gens de qui apprendre, qui se tiennent à l'écart... ce qui est rassurant.

mercredi 14 novembre 2012

LI ~ Le Gibet



Que vois-je remuer autour de ce gibet ?
FAUST

Ah ! ce que j'entends, serait-ce la bise nocturne qui
glapit, ou le pendu qui pousse un soupir sur la fourche
patibulaire ?

Serait-ce quelque grillon qui chante tapi dans la
mousse et le lierre stérile dont par pitié se chausse le
bois ?

Serait-ce quelque mouche en chasse sonnant du cor
autour de ces oreilles sourdes à la fanfare des hallalis ?

Serait-ce quelque escarbot qui cueille en son vol
inégal un cheveu sanglant à son crâne chauve ?

Ou bien serait-ce quelque araignée qui brode une
demi-aune de mousseline pour cravate à ce col
étranglé ?

C'est la cloche qui tinte aux murs d'une ville, sous
l'horizon, et la carcasse d'un pendu que rougit le soleil
couchant.


Aloysius Bertrand, extrait des pièces détachées à Gaspard de la nuit.

lundi 12 novembre 2012

L ~ Paris sous la pluie & meeting Sweetlolli

Hier, j'ai ressenti l'envie subite d'aller au Tea Corner pour satisfaire un besoin pressant de crumble. Comme je devais sortir pour une remise en mains propres, j'ai trouvé les mots justes pour pousser l’Ohm à m'accompagner (« Hey, ça te dirait de manger ? »), et, ni une ni deux, nous voilà partis. 

Comme le bus s'arrêtait à mi-chemin à cause d'une manifestation, nous avons décidé d'y aller en marchant, et alors une pluie torrentielle tomba sur Paris. Cette averse fut surprenante, car elle rendait l'atmosphère chaude et moite, une vraie pluie d'été après ces quelques jours hivernaux. Curieusement, alors que j'étais un peu bougonne depuis mon réveil à cause d'une migraine qui ne voulait pas partir, ce petit déluge me fit un bien fou ; il m'a rappelé mon amour des jours de pluie lorsque, enfant et adolescente, je sortais de chez moi sans parapluie pour profiter des rues désertes et de cette sensation que procurent les gouttes d'eau qui s'abattent avec violence sur le crâne. Et quelle joie, en rentrant, d'enlever avec précipitation ses vêtements dégouttants, de se lover dans une serviette chaude et de se préparer un bon thé.. Depuis que je n'habite plus chez mes parents, j'ai perdu ce réflexe d'aller me mouiller au-dehors ; une fois seulement, l'an passé, je suis sortie avec l’Ohm à minuit sous un orage monstrueux pour aller admirer les éclairs d'un peu plus près. J'en garde une fabuleuse impression : le corps est tellement tétanisé que seul l'assaut répété de la pluie nous rappelle son existence, et la foudre qui déchire le ciel s'ajoute à ce sentiment d'anéantissement de soi. On perd ses repères, on n'est plus qu'une statue de chair figée dont l'existence est rythmée par le grondement du tonnerre et des fulgurances qui crèvent les yeux.
Bref, arrivés trempés et glacés au Tea Corner, j'en ai profité pour commander une soupe, qui fut comme ma madeleine de Proust : cuiller après cuiller, je sentais la douce chaleur des souvenirs se propager dans mon corps (et la soupe était bonne, ce qui ne gâche rien. J'aime les poireaux.). Et enfin, après des semaines d'attente, j'ai pu manger mon crumble.

Crumble banane/caramel, thé Butterfly of Taïwan, et... mon chapeau.
La nourriture du Tea Corner est vraiment délicieuse, leur choix de thés est très vaste et l'ambiance est conviviale sans être trop bruyante : je suis vraiment contente que les lolis de RE m'aient fait découvrir cet endroit.  Je ne peux que le recommander !
En rentrant, nous sommes passés devant la mairie du 1er arrondissement, que je trouve sublime : j'ai toujours pensé que si je devais me marier un jour, ce serait là-bas (mais le 1er, arrondissement central, est désespérément cher ; je crains que ça ne reste qu'une rêvasserie !). Comme le ciel était superbe, j'en ai profité pour prendre en photo la rosace de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui jouxte la mairie. 


Je n'ai rien retouché à cette image : la lumière était vraiment aussi irréelle. Sans les touristes qui se promenaient autour de nous, je me serais vraiment crue échappée d'un roman fantastique !

Avec mon Vivienne d’amour.
Le lendemain, j'avais rendez-vous avec Sweetlolli qui s'est gentiment proposée pour customiser deux de mes roses pour cheveux achetées chez H&M la semaine passée, en prévision d'une coordination cult party que j'ai dans la tête depuis quelques mois déjà. Un peu avant de partir, j’ai appris à jouer au tarot. Maintenant que je sais à quoi correspond tout ce vocabulaire compliqué de l'atout, de l'excuse, du petit et de la garde j'ai l'impression de faire partie d'une élite de gens très mystérieux qui parlent en langage codé. Si un jour j'entends deux personnes discuter de tarot, je m'imagine déjà leur lancer un regard d'intelligence, comme si nous faisions partie d'une confrérie secrète. Il m'en faut peu...
Nous en avons profité pour dépoussiérer nos vieilles cartes Yugi Oh, auxquelles nous n'avions pas touché depuis des lustres. Nous y jouions tout le temps il y a quelques années, j'ai retrouvé mon deck avec nostalgie. D'ailleurs j'ai une lolita dans mes cartes, la Magicienne d'Ébène :


Généralement j'agis en kikoo en la plaçant à tout prix dans mon jeu, parfois au détriment de toute stratégie *ce qui explique peut-être pourquoi je perds tout le temps*. C'est une sorte de défi que je me lance, dirons-nous, et cette fois-ci, ça a payé (pour la dernière fois avant très longtemps).

Ensuite je suis sortie retrouver Sweetlolli, qui m'a accueillie chez elle avec beaucoup de gentillesse ! J'ai adoré découvrir sa maison, qui est tout aussi mignonne et otome qu'elle ; j'avais vraiment l'impression d'être comme dans un cocon douillet et féminin. 

La petite table sur laquelle elle m'a servi le thé.
Nous avons bien discuté, même si comme toujours j'ai l'impression d'avoir trop parlé (je suis terriblement bavarde...). Depuis le temps que nous nous fréquentons sur les forums, ça m'a fait plaisir de me retrouver en tête à tête avec elle et d'apprendre un peu mieux à la connaître. 

Mes barrettes sont assez malsaines  maintenant, j'adore ! 
J'ai remis mes soquettes, je me sens tout de suite plus à l'aise en les portant
avec des collants. Le rendu est un peu curieux mais j'aime bien.
Je me suis aussi sérieusement mise à Cinna, et pour le moment ça me touche tellement que j'avance assez lentement : je dois faire une pause après presque chaque tirade. Depuis longtemps je faisais partie des pro-Racine, plus par défaut que par goût, comme j'ai lu très peu de Corneille... On va voir si cela va changer ces prochains jours. En tout cas j'ai déjà envie de me mettre à Polyeucte qui est, selon l'agrégé qui a préfacé mon édition de Cinna, la plus parfaite de ses œuvres. 
Et j'écoute en boucle la « Sérenade » du Roméo et Juliette de Prokoviev ; je voulais mettre une vidéo ici pour en faire profiter qui voudrait, mais toutes celles que j'ai trouvées sont de loin très inférieures à la version que je possède (qui est celle du Mariinsky Theatre Orchestra, si ça par hasard ça intéresserait quelqu'un).

samedi 10 novembre 2012

Random poupee girl appreciation II



 

J'étais sceptique au début mais en fait j'aime beaucoup ces Noble Items !


Halloween Event et mois d'octobre

La césure la plus fautive de tous les temps ^^"

Les designers font vraiment un travail incroyable
sur les textures et les motifs...

jeudi 8 novembre 2012

XLIX

Je crois que ce que je préfère dans mon travail, c'est la fenêtre qui fait face à mon bureau.

XLVIII

Je me sens un peu lasse depuis le week-end dernier, où j'ai enfin pu revoir ma chère Nokturnal. J'étais certes heureuse de la revoir, mais ce fut vraiment trop bref... J'aurais bien continué à discuter durant des heures avec elle et sa moitié ; j'aime ces personnes où de brefs échanges, même banals, suffisent à faire naître une réflexion sur un sujet ou sur un autre, où on a vraiment une impression de partage et d'apprentissage. Elle me manque.
Après notre courte entrevue, j'avais commencé à réfléchir sur l'évolution de la communauté et son curieux désaccord avec ce qui fait, pour moi, l'âme du style. J'avais écrit un long pavé plus ou moins intéressant sur mes constats et mes déceptions, sauf que j'ai effacé le brouillon par mégarde juste au moment de le publier (intense frustration). Je n'ai jamais caché que j'étais déçue, même si je ne l'ai jamais vraiment claironné non plus ; mais ce vide, mon Dieu, ce vide... Les discussions sont surfaites car le débat est vu d'un œil mauvais (par peur de la discorde ou de la réflexion, je me le demande encore), les rares moments où l'on aborde les arts comme la littérature ou la peinture deviennent un moyen d'exhiber sa culture plutôt que de dialoguer, et la plupart du temps les conversations se résument à des sujets plaisants, drôles, qui divertissent sans avoir à trop user de sa pensée (en témoignent les nombreuses et diverses discussions sur les fameux « secrets », les partages amusés de bonnes trouvailles comme des préservatifs nounours, et bien d'autres choses). On parle beaucoup de vie quotidienne, aussi... C'est une communauté féminine, en somme, qui réunit tous les clichés qui m'agacent. Nul besoin de lire Molière s'il me suffit d'errer sur la communauté pour y trouver des précieuses ridicules. C'est tellement XVIIe.
Naïvement, j'assimilais le lolita à un courant intellectuel et artistique plus que vestimentaire. Je m'attendais à y trouver des jeunes filles qui le portaient parce qu'elle avaient des choses à exprimer dans ce monde plutôt que pour une histoire de goût personnel, de pure nostalgie de l'enfance. Même si la silhouette lolita est en elle-même un manifeste, je croyais qu'il y avait encore plus à apprendre si l'on cherchait ce qui se cachait derrière... Il semblerait que non. Je pense que c'est pour cela aussi que certaines prétendent avec tant de véhémence qu'il est possible d'incorporer diverses influences dans le lolita sans comprendre qu'en faisant cela elles le dénaturent : si on leur enlevait cette étiquette, il leur resterait peu de choses. Le lolita est devenu un microcosme à l'image de la société qu'il est censé rejeter : on y voit ses représentantes, ses moutons et ses têtes pensantes, les dernières n'étant pas nécessairement les premières. On y consomme tout autant qu'ailleurs, on souhaite la tolérance en colportant des ragots, on revendique sa différence en se copiant les unes les autres. La masse existe au sein même d'un mouvement contestataire... Voilà la tragédie créée par la diffusion d'informations à grande vitesse. Tout le monde peut se reconnaître dans n'importe quoi sans chercher à comprendre ce dans quoi il se reconnaît, et pourtant il se l'approprie et en réclame le nom.
Je ne prétends pas être supérieure aux autres. Je ne pense pas que ce que j'ai à dire vaut tant la peine d'être entendu, mais je cherche des gens auprès de qui je pourrai continuer à progresser. Je ne me reconnais pas dans une communauté qui ne vit que pour le divertissement, pour l'agrément entre personnes qui partagent les mêmes dentelles. Je ne m'aime pas lorsque je ne fais que me divertir ; je m'aigris, et m'enferme sur moi-même. Ma présence dans cette communauté, maintenant que je suis persuadée d'en avoir fait le tour, n'est due qu'à de mauvaises raisons. J'espère un jour avoir le courage de m'en détacher plutôt que de continuer à la critiquer dans le vide.

samedi 3 novembre 2012

XLVII

Hier, j'ai fêté mon salaire en commençant mes achats de Noël et en allant faire quelques boutiques. Je suis habituée au lèche-vitrine virtuel depuis tellement longtemps maintenant que je me réjouissais à l'idée de visiter des boutiques physiques... finalement ce fut plus fatiguant qu'autre chose, mais j'ai quand même pu dénicher des petites choses dont je suis contente, par exemple, une robe H&M faite de dentelle de qualité très correcte. Je recherchais un modèle de cette sorte depuis près d'un an, pour une coordination dolly ; je suis contente de pouvoir à présent m'atteler plus sérieusement à la tâche.

La trouvaille dont je suis la plus satisfaite est une paire de collants de chez New Look ; en fait je comptais profiter de mon salaire pour m'acheter des chaussettes bordées de roses, dans cet esprit-ci, mais en noir :


sauf que je n'étais jamais vraiment satisfaite des modèles sur lesquels je tombais, je les préférais toujours dans des tons clairs... De plus j'ai toujours été plus collants que chaussettes (je suis une mauvaise lolita, mais pour ma défense même mes poupées portaient des collants !), donc j'hésitais à investir dans des chaussettes d’une couleur différente que celle que je souhaitais sous prétexte que je voulais à tout prix des chaussettes fleuries. Heureusement, il y a New Look *jingle*.


De belles roses rouges sur fond noir, pour des collants assez épais qui tiendront tout l'hiver. Bien sûr les Inowa en crème sont plus jolies, mais je suis quand même plus que contente de cet achat. 

Sinon, pour réagir plus ou moins vaguement à un secret que j'ai vu cette semaine, l'un des derniers imprimés AP me fait de belles œillades.


Alors non, ce n'est pas lolita, mais alors ce serait vraiment parfait pour de l'otome (en noir, hein. Oui, je me sens toujours obligée de préciser...). Reste à savoir si je serais prête à payer le prix d'une one piece AP pour assouvir mes envies de belles tenues otome... D'autant plus que pour une raison quelconque je suis persuadée que les prix de celle-ci vont d'envoler à la revente. Les marques à la mode me frustrent, parfois. 

Sinon, histoire de finir sur un petit HS après avoir parlé chiffons, j'ai été voir le dernier James Bond, et j'ai vraiment été déçue. Le sujet m'agace encore un peu trop pour que je puisse en parler objectivement (j'ai été élevée au James Bond, dans la famille on prend tout ça très au sérieux...!), mais le film manquait cruellement de finesse. Alors oui, c'est un James Bond, tout n'a pas besoin d'être fin, intellectualisé, mais vu la tournure que Mendes a voulu donner à son film, ça devient franchement indigeste. Et puis mon Dieu, Bardem... Un énième psychopathe rieur et content de lui qui a bobo dans sa psyché ; il était bien plus charismatique dans No Country for Old Men (alors que sa coupe de cheveux n'y était pas plus enviable). Bref, je me consolerai en re-re-re-gardant Casino Royale et en me pâmant sous le « Oups » du Chiffre (d'ailleurs deux films avec Mikkelsen sortent ce mois-ci, mon côté fangirl est ravi). 

mardi 30 octobre 2012

XLVI

Dimanche dernier, j'ai assisté à la Tea Party d'Halloween, organisée par les associations RDRR & LCBR (ou comment créditer quelqu'un lorsque l'on est paresseux). C'était très sympathique : nous avons créé des Jack-o'-Lantern avec des oranges, mangé des gâteaux et des bonbons, joué aux Times Up (notre équipe a remporté la victoire !) et j'ai gagné une paire de boucles d'oreilles à la tombola de clôture (noires, avec un ruban à pois et des macarons). J'ai pris beaucoup de plaisir à revoir tout le monde après un retour de vacances assez chaotique... Merci encore pour cette initiative !

Voici mes quelques photos :







Celle-ci est de Sweetlolli, mais je l'aime beaucoup (on voit l'effort que j'ai fait sur le maquillage !)

J'en profite pour montrer ma tenue, dont je suis assez satisfaite comme elle a été conçue dans la nuit qui a précédé la Tea-Party (les insomnies, il n'y a que ça de vrai). On voit mal hélas mais il y a une sur-robe en voile par-dessus la jupe, ce qui rendait assez bien. J'avais crêpé mes cheveux mais comme d'habitude ça n'aura pas tenu très longtemps !

mon nail art :
  
 Bonus chat :
 

samedi 27 octobre 2012

XLV

J'ai enfin réussi à trouver l'énergie nécessaire pour parler un peu de l'exposition Cheveux chéris que j'ai été voir mardi dernier au musée du Quai Branly, là où, paraît-il, dialoguent les cultures (en tout cas c'est ce qui écrit sur le petit dépliant que j'ai eu à l'entrée). Je n'y avais encore jamais été, du coup ce fut une double découverte. 

Sous le pont de l'Alma coule aussi la Seine,
et les arbres ont enfin pris leurs couleurs d'automne.
Le musée se cache derrière un jardin et une gigantesque verrière,
que je n'ai pas vraiment réussi à joliment photographier... Tant pis.


J'ai bien aimé cette façon d'être plongé « ailleurs » avant d'arriver au musée à proprement parler : la végétation est dense, haute ; difficile d'imaginer que quelques mètres derrière soi des centaines de voitures sont en train de rouler à la queue-leu-leu...
Par contre trouver la billetterie est un véritable parcours du combattant, ou alors je suis franchement un cas désespéré pour tout ce qui touche à l'orientation (ce qui n'est pas à exclure). Le bâtiment est immense, il faut tourner longtemps avant de trouver l'entrée et l'accueil. Une fois les billets gratuits payés (ça me fait toujours rire), on doit traverser une sorte de passerelle en forme de demi-cercle, en pente ascendante, assez longue, suffisamment longue en tout cas pour se demander à nouveau si l'on ne s'est pas perdu (pourtant il n'y avait qu'une seule entrée ? *désespoir*). À la réflexion je crois que cette entrée démesurée fait partie du « processus mental » pour accéder aux collections. Tout est blanc, dépouillé, baigné de lumière, puis devient crûment sombre alors que l'on accède enfin au musée à proprement parler : tout est fait pour nous déboussoler et nous faire arriver presque perdu face à des objets par lesquels sont exhibées les racines de nos civilisations. Ou alors c'est juste pour faire marcher le touriste américain.

Enfin, l'exposition !

D'après ce que j'ai compris, elle est présentée comme une sorte de vanité, c'est-à-dire que l'on débute avec des œuvres qui présentent les cheveux comme ornement, signe de beauté, de virilité, d'angélisme même, en fonction de leur coiffure et de leur couleur. Ensuite vient la perte, la tonte, comme signe de vieillesse et de disgrâce, pour terminer sur le cheveu comme symbole religieux et spirituel. On commence avec des bustes de femmes, des tableaux romantiques, et tout s'achève sur des scalps, des têtes rétrécies et des momies. Le sentiment que j'ai ressenti en sortant est assez particulier, on passe vraiment de l'attribut gracieux au symbole d'une mort impénétrable et impitoyable. C'était la première fois que je me trouvais confrontée à une tête rétrécie (à gauche sur l'affiche de l'exposition), je suis restée bloquée devant elle une bonne dizaine de minutes tellement elle dégageait quelque chose de fascinant. Devant moi, une tête minuscule, dont les paupières, le nez, la bouche sont encore visibles, les cheveux en parfait état, et cette tête a un jour respiré, parlé, pensé ; tout ceci donne un peu le tournis. La tête sacrifiée et fraîchement coupée était cousue, bouillie, malaxée, jusqu'à avoir la taille d'un poing fermé... Un rituel mortuaire comme un autre, au fond. Mais des siècles après, surtout dans notre civilisation où la mort est devenue une chose vague que l'on relègue au fond des hôpitaux, voir un autre soi-même déformé de la sorte est très déroutant, quoique, peut-être, nécessaire pour remettre quelque orgueil en place...

Bref, mes photos sont toutes plus ou moins mauvaises, plutôt plus que moins d'ailleurs ! Voici celles qui s'en sortent le mieux :
Colette dans son jardin à 15 ans
Li-Yunne-Tchiaoo, lettré chinois de 57 ans
(cadré n'importe comment mais bon... *honte*)
L'exposition met beaucoup en avant la différence de statut de certaines coiffures d'une civilisation à une autre (par exemple, sur ces deux photos, la tresse des jeunes filles d'Occident face à celles des intellectuels d'Orient), mais aussi au sein d'une même civilisation : le crâne rasé des moines et des bagnards, les cheveux lâchés des sirènes et de Marie-Madeleine repentante... Il est très intéressant de voir quelques-unes de ces représentations confrontées les unes aux autres. 
J'ai vu également la photographie très forte d'une jeune femme tondue en 1945, un enfant dans les bras, poursuivie par une foule moqueuse et méprisante après qu'on lui a enlevé le symbole de sa dignité de femme, sa chevelure. Sans chevelure, il y a preuve de trahison, et raison de brimer. L'exposition a aussi touché du doigt quelques mouvements contestataires comme le punk, en soulignant comme la coiffure, ou son absence, peut également être une volonté de contrôle de soi et de refus des institutions établies (ce qui vaut aussi, d'une certaine manière, pour la tonsure, ce que je trouve amusant).

Buste en bronze d'une femme noire, XIXe siècle.
Si ma mémoire est bonne, c'est le buste de Marie-Amélie
de Bourbon, reine des Français, mais il est possible que
je me trompe...
La Liseuse, Jean-Jacques Henner.
Ma photo était trop mauvaise, j'ai trouvé celle-ci sur ce Tumblr.

Je suis une mauvaise fille, j'ai commencé par parler de la fin alors que je n'ai que des photos du début ; j'ai toujours autant de mal à photographier des objets cultuels ou spirituels, du coup, je me limite aux tableaux et autres sculptures... ce qui ne m'empêche pas de les rater ! Bref, mon billet est assez désordonné (comme souvent...) ; j'espère quand même avoir rendu justice à cette exposition. Quoiqu'il en soit, si vous avez l'occasion d'y aller, faites-le : c'est une bonne et belle gifle.

jeudi 25 octobre 2012

Review Thé Box

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, la Thé Box est un site Internet qui propose chaque mois un assortiment de thés pour 15€50 FDP compris. Selon le magazine Elle des sources fiables, la mode des Box bat son plein, et comme j'aime le concept des boîtes surprises ainsi que le thé, j'ai été faible et j'ai craqué. 

Service : 
C'est tout bête : on choisit de s'abonner pour 1, 3, 6 mois ou un an, et on paie par carte bancaire sur leur site via une page sécurisée CIC – si ma mémoire est bonne. Les Box sont expédiées chaque 15 du mois : le paiement doit donc s'effectuer entre un mois et un mois et demi à l'avance selon le mois où l'on souhaite la recevoir. Par exemple, je me suis abonnée pour un mois début septembre, j'ai donc reçu la Box d'octobre. Et si je recommande une nouvelle Box début novembre, je recevrai celle de décembre, et ainsi de suite. Je précise également qu'on ne connaît pas le contenu des Box à l'avance, seul leur thème est dévoilé au début de chaque mois. C'est donc une réelle surprise à la réception du colis ! (et moi j'aime les surprises).

Communication :
Sobre et pas envahissante, tout ce que j'aime. Ma boîte mail n'a pas été envahie de publicités ou d'offres promotionnelles : un message pour me dire que ma commande a été envoyée, un autre à la réception pour me demander si j'ai été satisfaite. Evidemment ces messages ne sont pas personnalisés, mais tant que le service est efficace, ça ne me dérange pas plus que ça.

Expédition :
Le colis est envoyé par Colis Privé avec un numéro de suivi. C'est un envoi France-France, donc RAS au niveau des douanes ou autres frais.

La commande en elle-même :
Enfin, les photos ! Le thème de la Box était : Actors Studio. J'étais légèrement déçue par ce choix ; l'ambiance cinéma à l'américaine, bien que je voie son lien avec l'automne, n'est pas vraiment celle que je préfère (autant dire que ce n'est pas ma tasse de thé, muhahaha). Et puis bon, même si au fond je m'y attendais, tous ces thés en sachets m'ont un peu rebutée, je suis beaucoup plus thés en vrac. Malgré tout, j'ai eu droit à quelques bonnes surprises.

La jolie boîte
Ouverte...
Gros plan.

Voici une review un peu plus détaillée des thés. Je la fais par ordre de préférence, de la moins bonne à la meilleure :

Coffea : Deux sachets de thé noir aromatisé, et deux sachets de verveine menthe poivrée. Aucun intérêt, totalement insipide. Alors que je faisais bouillir de l'eau, je me suis rendu compte en lisant un peu ce qui était écrit sur les sachets que les arômes étaient artificiels : ce constat se suffit à lui-même.
Harney & Sons : Thé noir à l'abricot, Oolong à la grenade, tisane au citron et « Paris Fruity Black Tea » (?). Les mélanges sont un peu moins insipides que ceux de la marque précédente, mais tout aussi artificiels ; tellement parfois qu'on ne sentait même plus le goût du thé. Désormais, j'éviterai cette maison.
Tea Tower (thés bio) : Un thé vert à la menthe et un Chine lapsang souchong. Le premier est bon, sans plus, le deuxième est excellent, avec un goût fumé et puissant. Une bonne surprise après les Harney & Sons que j'avais bus à la suite (et qui me faisaient râler sur la Thé Box plus qu'autre chose).
Betjeman & Barton : Le thé Pouchkine, seul thé en vrac de la Box. J'aime le thé et j'aime Pouchkine, je me faisais donc une joie de le goûter, sauf que... j'ai cassé ma théière en le préparant. Donc je le place au milieu/haut de ce classement : j'en ai de bonnes attentes (il est aux agrumes), mais je ne sais pas encore ce qu'il vaut. La maison Betjeman & Barton possède un bar à thés à Paris, j'y ferai un tour en novembre pour me faire une meilleure idée. Et je rachèterai une théière, aussi...
Dilmah exceptional : Un peu réticente devant le nom de la maison (je suis toujours très méfiante devant les « wonderful », « high quality » et autres « exceptional »), je me suis pris une belle claque pour des thés en sachet. La Box contenait un thé vert à la menthe et au miel, une infusion d'agrumes, un thé ceylan et un thé noir aux amandes. Ce dernier est juste excellent, très équilibré : les amertumes du thé et de l'amande se mariaient merveilleusement bien. J'ai oublié de vérifier si les arômes étaient artificiels ou non : si oui, je serais très déçue, mais je pense que je rachèterai malgré tout de ce thé aux amandes, au moins pour les pauses au travail (ce sera toujours mieux que du thé Super U).
Et enfin... Deux bonbons de Pu Erh Yemaya. Alors lui, je l'ai sincèrement aimé, et pourtant je ne l'avais pas préparé de la meilleure des manières (il est recommandé de ne le boire qu'à partir de la deuxième infusion, ce que je n'ai pas fait). Le Pu Erh a vraiment un goût indescriptible, très fumé et très doux : j'avais lu quelque part « un goût de terre mouillé », c'est exactement ça. Enfin, disons plutôt que cela correspondrait à la sensation que j'attribue à la terre mouillée, comme je n'en ai jamais mangé. C'est un des thés les plus poétiques que je connaisse, et ce fut une excellente surprise d'en trouver dans la Box.

Quelques mignardises accompagnaient les thés : trois petits chocolats bons mais sans grand intérêt selon l’Ohm (qui a très activement participé à cette review), ainsi que des sablés au vin blanc (surprenants mais délicieux, je les ai mangés avec le thé à la grenade Harney & Sons et ça passait assez bien). La Box contient aussi trois cartes postales autour du thème et un « cahier des saveurs » avec des recommandations sur la préparation et la dégustation des thés et des mignardises.

Bref : 
J'aime le concept et j'ai été séduite par quelques-uns des thés proposés : je commanderai donc volontiers une nouvelle Thé Box, mais sans doute pas tous les mois. C'est un bon moyen de découvrir de nouvelles maisons, cependant en recevoir une par trimestre ou par saison est à mon sens largement suffisant. En ce qui concerne le prix, je trouve la somme de 15€50 plutôt acceptable, en tout cas les bonnes surprises que j'ai eues ne me font pas regretter d'avoir cédé à ma curiosité.

dimanche 21 octobre 2012

30 Days Mori Challenge Days 24 till the end.

Day 24 : Give us a Mori Girl inspired vignette ! (a short, impressionistic scene that focus on one moment or gives a particular insight into a character, idea, or setting). Don't fret too hard over it, we're not all writers by trade, haha.

Haha ! Joker.

Day 25 : What's your favorite animal and why ?

Mon animal favori est le lynx, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Ce n'est pas l'animal le plus imposant ou le plus majestueux, ni même le plus mignon, ou quoi que ce soit d'autre... pourtant c'est celui qui m'émeut le plus. Je suppose qu'il est parfois difficile d'expliquer l'affection que l'on ressent pour une catégorie de personnes, d'animaux ou même de végétaux. En tout cas, lorsque j'étais plus jeune et que j'aimais m'inventer une vie parallèle, je me plaisais à m'imaginer élevée par des lynx.

Day 26 :  When you're out in nature, where do you often find yourself ? (in the woods, a lake, a river, etc. What's your favorite spot ? describe it for us !)

Euh... Dans le métro ? (la vie de parisienne est parfois triste).
Plus sérieusement, je sors trop rarement du monde urbain. Même lorsque je pars en vacances, c'est généralement pour visiter... des villes. Néanmoins l'un de mes meilleurs souvenirs à la campagne est un après-midi passé à lire avec l’Ohm dans les vignes, en haut d'une colline de Champagne.

Day 27 : What's your favorite farytale or myth ?

Undine, la Lorelei, la petite sirène... Et la figure d'Ophélia. De l'eau, de l'eau partout !

Day 28 :  Has getting into Mori Girl changed your perspective on life ? How so ?

Non, pas vraiment. Un peu comme le lolita, c'est parce que ma vie prenait tel ou tel tournant que le mori est entré dans ma vie. Même avant de le connaître comme style à part entière, j'avais déjà passé des journées habillée d'une façon qui s'approchait de ce qui est désormais défini comme mori. Je pense que c'est le cas de beaucoup de personnes, d'ailleurs.

Day 29 : What other fashions are you interested in, if any ? 

Le lolita, l'otome, le dolly, parfois même le cult party et le gyaru... Chanel, ça compte? Je rêve d'un de leurs tailleurs, quand j'aurai une quarantaine d'années.

Day 30 : Describe your ideal Mori Girl day.

J'ai déjà eu des Mori Days absolument parfaits. À la campagne avec l’Ohm, nous nous réveillions pour regarder le lever de soleil sur la Marne, pour nous recoucher ensuite et émerger vers 11 heures. Nous préparions un pique-nique, puis marchions une heure durant jusqu'au sommet d'une colline pour manger, lire, prendre des photos de nuages et faire la sieste. Le temps passait lentement, et lorsque nous voulions rentrer nous passions par un chemin différent pour voir un lac où se promenait un cygne... Le soir nous allumions un feu de cheminée, buvions du thé et parlions de tout et de rien. C'est vraiment tout ce que j'aime dans le mori. Le calme, la contemplation. Profiter d'un lieu reculé du monde et des soucis qu'il génère. Et si, en plus de tout cela, je pouvais me perdre dans la forêt et voir un lynx folâtrer au côté d'une mystérieuse jeune fille, ce serait réellement magique.
Je me contenterai de l'imaginer, pour l'instant.

jeudi 18 octobre 2012

XLIII

Ma mère, que j'ai vue samedi dernier, m'a passé trois thrillers écrits par des japonais ou sur le Japon. Elle m'avait déjà prêté la biographie de Hannah Arendt que je n'arrive pas à avancer – je la lis deux pages par deux pages parce qu'elle contient pléthore de détails trop intimes qui me gênent vraiment.

*deux pages* Ah, non, je ne peux pas lire ça. Mais c'est tellement rare que ma mère me prête un livre ! Allez, faisons un effort. *deux pages*. Ah, non, je ne peux pas lire ça. 

Et ainsi de suite...

Bref, du coup, pour combler ce tout petit rythme de lecture, je me suis précipitée sur Ring, le livre qui a inspiré les fameux films d'horreur que je n'ai pas vus. Et au-delà de l'histoire, que j'ai trouvée sympathique mais sans plus (je n'ai pas eu peur une seule fois, donc je pense regarder le film pour voir si je suis vraiment si insensible), j'ai été clairement choquée par le manque de soins dont l'ouvrage a bénéficié en pré-publication. Les fautes étaient tellement nombreuses que je me demande si le livre a été corrigé. Je pense que l'horreur doit être un genre si méprisé par l'intelligentsia littéraire française que les maisons non-spécialisées ne prennent même pas la peine de payer quelqu'un pour relire les épreuves... Sauf que là on touchait le fond, au-delà des banales coquilles, j'ai eu droit aux fautes de logique (« Plus que 10 heures à vivre », dit le héros à 10 heures du matin alors qu'il meurt à 10 heures du soir ; bien ! essaie encore), de cohérence (« Alors, tu as du nouveau ? » demanda le héros tout excité. « Voyons, ne te mets pas en colère de la sorte ! » répondit son interlocuteur. Hum.), sans compter les mots qui manquaient, les noms qui changeaient d'orthographe d'une page à l'autre, un vrai calvaire. Du coup, maintenant, j'ai envie de boycotter l'éditeur (Pocket) pendant un certain temps. Je sais bien que ça ne changera rien à leurs priorités éditoriales, à l'organisation de leur budget ou je ne sais quoi, mais au moins ça soulagera un peu ma conscience et mes yeux. Mon argent n'ira pas chez eux (et comme ça ils engageront encore moins de correcteurs. Pff. Ou alors je postulerai pour travailler chez eux, et ce seront eux qui me paieront pour les lire. Alors je pourrai claquer dignement la porte en disant à propos de X livre : «Non monsieur, je ne cautionne pas cela. » *Comme ma vie est merveilleuse dans ma tête*).

Sinon, je suis en vacances depuis hier, pour une semaine. Pour le moment j'en profite en buvant du thé et en passant trop de temps sur des sites de vêtements. J'ai eu un énorme coup de cœur pour une blouse Alice and the Pirates d'ailleurs. Le mois prochain, j'aurai assez d'argent pour me l'acheter. Mais je ne le ferai pas. Parce que je suis une femme forte.

Et en plus elle se lace dans le dos... 

mercredi 17 octobre 2012

XLII

Jeudi dernier, je suis allée voir l'exposition sur le thé au musée Guimet avec des amies lolita (Pandora, Rehem, Sweetlolli et Aëlin). Ce fut un plaisir de les revoir, en plus chacune d'elles était particulièrement bien habillée ! Quelque chose de très otome-ish se dégageait de notre petit groupe – ce que pas mal de gens ont bien compris en nous demandant une bonne demi-douzaine de fois si nous étions étudiantes en art. 


À l'entrée, une hôtesse nous proposait du thé Guimet, créé exclusivement par le Palais des Thés à l'occasion de l'exposition. Ce n'était pas mauvais, quoiqu'un peu trop tiède et insignifiant, mais bon, je ne dirai jamais non à une tasse de thé (sauf si on me proposé à nouveau ce thé ignoble bu à Angoulême il y a quelques mois, saveur crumble fruits rouges. Juste urgh.). Avant l'exposition à proprement parler, nous avons pu nous instruire devant une brève série de photos illustrant les différentes variétés de thé ainsi que ses modes de cueillette, ce qui m'a donné une intense envie de thé impérial.
Les différentes pièces exposées se composaient surtout des illustrations et des instruments en vogue en Chine et au Japon du VIe siècle à nos jours. J'étais un peu déçue du peu de place laissée à l'Inde et à la Russie, et je n'ai pas eu l'impression d'apprendre grand chose de plus que ce que j'avais lu dans le livre sur le thé offert par l’Ohm pour mon anniversaire, mais ce fut très agréable de voir tous les ustensiles dont se servaient les maîtres de thé voilà plus de 10 siècles, ainsi que leur évolution.

Je n'ai quasiment pas pu prendre de photos (pourtant cette fois-ci, j'avais pris mon portable...) ; un vigile m'a repérée rapidement et m'a priée de ranger mon appareil. J'étais assez agacée, d'autant plus que je fais toujours attention à ne pas mettre de flash ou quoi que ce soit pour ne pas abîmer les pièces exposées, mais en fait j'ai appris que l'interdiction n'a rien à voir avec la protection matérielle des œuvres... En fait, lors des expositions temporaires, certains des musées qui prêtent le contenu de l'exposition refusent que les objets qu'ils ont prêtés soient pris en photo en dehors de leur musée. Dit comme ça, j'avoue que je trouve la réclamation assez dérangeante, car je suis une grande naïve qui s'imagine qu'une fois qu'un objet est dans un musée il devrait être visible et partageable (dieu que ce mot est laid) par tous, mais bon. J'imagine qu'il y a plein d'autres aspects  juridiques et pratiques quant à cette question que je n'arrive pas à me représenter : si vous avez plus d'informations sur le sujet, n'hésitez pas à m'éclairer ! Quoiqu'il en soit, j'ai tout de même réussi à photographier l'une des pièces qui m'a le plus marquée :

Chajiu Lun : Discussion entre le thé et le vin,  Wang Fu, Xe siècle.
Apparemment le vin était très prisé des esthètes avant l'arrivée du thé en Chine, qui a vu le monde intellectuel chinois se scinder en deux (d'un côté les philosophes et artistes amis de la volupté et du vin, de l'autre les philosophes et religieux qui voyaient dans le thé une boisson spirituelle). Ce manuscrit retranscrit la dispute qui a eu lieu avant que le thé ne devienne dominant. J'aurais adoré que le musée en propose une traduction : ce doit être passionnant à lire. 

À la sortie de l'exposition, nous nous sommes amusées à lire les commentaires laissés dans le cahier destiné aux visiteurs, et nous nous sommes dirigées vers l'espace dédié au Palais des Thés qui proposait de respirer certains de ses crus. Une petite feuille était disponible pour noter le nom de ceux qui nous avaient plu... Intelligente manière de se faire de la publicité ! J'ai craqué pour beaucoup d'entre eux : si je m'écoutais, je ferais une belle razzia !

Clafoutea nous a rejointes à la sortie, et nous avons décidé d'aller au Tea Corner. Nous avons dû laisser Rehem en chemin, elle devait prendre le train... J'espère la revoir bientôt ! J'ai beaucoup apprécié sa tenue, la plus otome de nous toutes ! (je regrette de ne pas avoir pris de photo...).
Une fois au Tea Corner, je me suis rendu compte que les thés proposés étaient ceux du Palais des Thés (fil rouge de la journée donc !) ; j'en ai profité pour commander un thé des amants, dont le parfum m'avait ravie (thé noir, pomme, vanille, amande, cannelle, gingembre. Si automnal !).

J'ai pris un crumble pomme/spéculoos avec.
Le milkshake au matcha de Sweetlolli avait l'air
particulièrement bon ! 
Et après, il a fallu se dire au-revoir. Le temps passe vite, mais j'espère pouvoir refaire bientôt une sortie aussi sympathique que celle-ci !
Transparent White Star