samedi 16 août 2014

Livres du Soleil-Levant, première édition.

[Quelques semaines plus tard] Avec une quarantaine de brouillons en préparation (seulement deux, à vrai dire), j’annonce non sans fierté que j’ai à nouveau survécu à un long-courrier. Et quoi de mieux, pour fêter cette vie tant de fois crue perdue à jamais (blâmez le typhon et ses quelques  turbulences), que de parler de livres.

Cette année, je n’ai vraiment pas été raisonnable en ce qui concerne mes achats, et je m’en mordrai les doigts avec le sourire. Les premières coupables furent ces librairies exhibant sans pudeur aucune couvertures colorées et lettrines exotiques ; je suis rentrée avec une valise lourde d’encre… mais je suis bonne joueuse, et partage ici mes découvertes.

Première fournée : l’artbook monochrome 2014 de Yoh, un artbook de Higushi Yuko, un Street Mode Book (mais quel peut bien en être le sujet) et un livre obscur mais complètement génial sur les icônes des légendes européennes.

Tadaa.
~~~

Commençons par Yoh, donc. Illustrateur que j’ai connu sur Tumblr, je l’apprécie beaucoup pour son travail dont la précision et la finesse du trait me font rêver à d’obscures gravures quelque peu glauques. Dans le petit monde du rori, il a réalisé quelques illustrations pour les Gothic & Lolita Bible, a collaboré avec Alice and the Pirates, et il dessine aussi pour Kera – un bel horoscope, entre autres.

De tout ce que j’ai pu voir de lui, ce sont bien ses monochromes que je préfère, et ça tombe bien, c’est ce dont il est question ici. D’autant que le thème de cet artbook est centré sur l’eau. Sirènes-poisons, arêtes, roses et coraux, tout ce qui m’inspire depuis des années mais qui me hante depuis quelques mois est présent ici.


(Et j’en profite pour vous donner le lien d’un autre article du formidable blog de Heiwa, qui traite de la figure d’Ophélie. La référence à cette noyée mythique est tellement flagrante pour moi dans la deuxième illustration que je ne me sens pas tant hors-sujet que ça en en parlant).

~~~

Voici ensuite Yuko Higuchi, elle aussi découverte via Tumblr, elle aussi connue dans le monde du rori pour diverses collaborations vestimentaires, chez Emily Temple Cute cette fois. 


Je l’apprécie pour une autre sorte d’univers malsain, avec ses hybrides lolita-chat et ses champignons vénéneux. Elle poste régulièrement sur sa page Facebook des photos de son intérieur, chat et peluches en forme d’escargots géants compris. Et elle dessine des figures aquatiques parfois, elle aussi…

Elle est simplement plus du côté tentacules de la Force.
Did someone say creepy?
Cet artbook ne me semble pas loin d’être exhaustif pour les années 2012/2013. On retrouve son travail classé par thèmes (fantaisie, champignons, jeunes filles), ainsi qu’une liste de ses collaborations (dont Ahcahcum Muchacha, curieusement). 

~~~

Trouvé par surprise dans un Book Off à Kyôto, voici un livre de street fashion dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Édité en 2007, il m’a surtout plu car il retrace l’évolution des styles urbains tokyoïtes depuis la fin des années 70, ce que je n’ai pour le moment vu nulle part ailleurs. Figurent aussi des interviews de certains designers, des descriptions des marques phares du lolita et du gothic à la sauce nippone… Beaucoup de texte mais aussi de belles photos, je regrette un peu de ne pas avoir l’avoir connu avant. 


Seul ouvrage traitant du lolita que j’ai acheté là-bas, je ne pense pas qu’il m’apprendra beaucoup plus que ce que je sais déjà (surtout que je ne lis pas vraiment couramment le japonais), mais le côté bloc de texte incompréhensible possède ses charmes aussi. J’avoue l’avoir acheté plus par nostalgie que pour autre chose, même si j’ai vanté l’attrait de son contenu quelques lignes plus haut. 
(Et en plus, il sent très bon. Pour un livre datant de 2007, il possède déjà cette odeur douceâtre que j’aime dans les vieux papiers.. Tout y fleurait le regret du temps passé, donc…)

Metamorphose temps de fille.
Double page sur Excentrique et ses corsets.
Hum.
Un peu de chronologie, donc.
Interview de la costumière de MALICE MIZER.
Entretien croisé entre Takemoto Novala et une sommité de chez Blythe, ft. mon pouce et mes chaussettes.
~~~

Le dernier livre de ce billet est une merveille de papier glacé qui retrace brièvement l’histoire de quelques figures légendaires européennes, tableaux à l’appui, souvent moyenâgeux ou préraphaélites. Je pense que mon cœur a raté un battement en le voyant, d’autant que l’objet est magnifique.


L’ouvrage est divisé en cinq parties, qui traitent respectivement des mythologies grecque, chrétienne, nordique, de l’univers des fées et de celui des contes et légendes. 

Athéna chez Botticelli.
Le roi Salomon et une page d’introduction sur la Sainte Vierge et le Christ.
Walkyries et Arthur Rackham.
Tristan et Iseult revus par les préraphaélites.
Dame à la Licorne.
J’ai tourné les pages au hasard pour trouver les tableaux que j’allais montrer ici tant absolument tout est à mon goût dans ce livre, ç’aurait été un calvaire que de choisir…

~~~ 

Je suis complètement folle de ces achats. Même ma grande difficulté à déchiffrer leurs textes ajoute à ma joie de les posséder, curieusement. Comme si me retrouver face à de beaux livres d’images inaccessibles leur insufflait l’aura mystique d’un trésor qui ne se dévoile qu’aux initiés.

(Et je n’ai aucune idée de la façon dont je pourrais finir après tant de jolies choses, alors je vais conclure avec une photo prise à Ginza de la devanture d’une pâtisserie qui résume bien mon état d’esprit du moment.)

jeudi 24 juillet 2014

Go go Japan 2.0 : 花 の ダイアリー 2014! #1 (le journal 2014 de Hana au Japon #1)

(Tu voulais voir les nuages, et bien tu verras les nuages.)


[Retour, inattendu il y a quelques mois seulement, du journal de bord de mon séjour au Japon ; je l’organiserai différemment cette fois-ci pour éviter les doublons avec les articles de l’an passé, et privilégierai plutôt les comptes-rendus en fonction des lieux visités que des dates, quitte à me permettre quelques brisures temporelles de temps à autre.
Voilà, c’était l’introduction fascinante du moment.]

Alors que cela faisait deux jours que je foulais pour ma seconde fois la terre tokyoïte, il était déjà temps de repartir pour un peu de grimpette. J’avais réservé une place dans un groupe pour gravir le mont Fuji voilà quelques semaines ; je ne suis pas friande des voyages organisés, mais en bonne montagnarde novice la présence d'un guide me paraissait plutôt rassurante. S’y prendre à l'avance semble indispensable car les places sont chères et l’on n’a pas toujours le choix de la date. Une randonnée de plus de 15 heures à peine remise de mes 13 heures de vol, idée fantastique, mais au diable mes appréhensions ! Je suis jeune et en bonne santé, à ce qu’on m’a dit.

Réveillée dès cinq heures du matin afin de finir de préparer mon sac, je sentais l’excitation et l’appréhension monter lentement le long de ma gorge. Le point de rendez-vous se trouvait à Shinjuku une couple d’heures plus tard, et pour une fois je ne suis pas arrivée en retard… 
Le trajet durait suffisamment longtemps pour prendre un peu de repos, malgré monsieur le coordinateur de randonnée (je ne sais toujours pas en quoi ce rôle consiste, en fait) qui passait son temps à nous raconter micro à la main mille et une choses fascinantes, comme quelques considérations sur la taille de sa boisson Starbuck  à la fraise (idéale pour se rafraîchir, apparemment. Merci monsieur le coordinateur). Notre groupe eut quartier libre pour acheter souvenirs et nourriture avant la randonnée ; pour ma part je me suis précipitée sur un bâton de pèlerin en bois sur lequel on pouvait apposer un timbre pyrogravé à chaque étape moyennant quelques centaines de yens. Je me suis ruinée là-dedans, mais il me les fallait tous, évidemment. Mon côté dresseuse de Pokemon qui ressort, j’imagine.
(J’ai également croisé un nid d’hirondelle, avec un oisillon qui sortait son petit bec pour réclamer de la nourriture…)

La bête.
L’ascension se déroule en plusieurs parties. Notre car nous conduisit jusqu’à la cinquième étape, qui se trouve à un peu plus de 2300 mètres. De là, nous en avions pour 5 ou 6 heures de marche avant l’étape intermédiaire, où nous attendaient un repas chaud et un sac de couchage pour dormir un peu (vers 2900 mètres d’altitude). Ensuite, nouveau départ à 22 h 30, pour encore 5 ou 6 heures de marche avant le sommet et le cratère (plus de 3700 mètres), puis la descente (et 4 heures de marche pour celle-ci).




C’est avec le sourire que tout commença, malgré la brume qui empêchait de bien apprécier le paysage environnant. Pour autant, se sentir grimper au milieu des nuages a également beaucoup de charme. L’univers est blanc ou gris, et l’on ne voit plus ni le ciel ni la terre, juste le chemin à suivre. Un monde ascétique, donc.
Au fur et à mesure que l’on avance, on sent l’air se refroidir un peu et le vent devenir de plus en plus puissant, mais rien de bien insoutenable avant notre halte de mi-parcours. Cette fraîcheur est même bienvenue après la moiteur tokyoïte. Notre traducteur, Take, nous avait prévenus qu’il serait sans doute impossible de faire le tour du cratère une fois arrivés au sommet à cause de la neige ; nous parler de neige en plein mois de juillet à Tôkyô ! Quel est donc ce concept improbable que celui de neige dans le Japon estival ?

Allons allons, fainéants.

Quoi qu’il en soit, c’est avec bonheur que l’on voit le gîte se rapprocher, et les pyrogravures s’amasser sur le bâton de pèlerin. Vers 17 heures, j’ai enfin pu avaler mon premier vrai repas de la journée ; rarement omelette m’aura paru si savoureuse. Et sac de couchage si confortable.
L’ambiance dans le groupe était plutôt bonne. On entendait toutes sortes de langues et d’accents, de l’allemand, de l’espagnol, du québécois, de l’anglais (évidemment, nouvelle langue universelle), quelque chose qui ressemblait à du serbe, du suédois (je crois…), du chinois…J’ai bêtement joué les fangirls sur deux jeunes gens qui se sont rapprochés pendant notre parcours, et qui étaient absolument adorables ensemble. Je les imaginais déjà se souvenir de leur première rencontre plusieurs décennies plus tard, tu te souviens, au mont Fuji… des étoiles de leur amour naissant au fond des prunelles (oui, achevez-moi s’il vous plaît).
Bon, et sortie de groupe oblige, j’ai aussi eu droit aux gros ronfleurs dans le dortoir. Mais qu’importe.

Omelette du fromage. Et ma soupe miso a des yeux.
Notre seconde sortie a été le moment favori de ma randonnée. Le ciel nuageux oscillait entre plusieurs nuances de noir profond et de gris sombre qui s’entremêlaient en de subtiles volutes d’encre à la lumière de nos lampes-torches, comme un négatif de cette peinture chinoise que j’aime tant.

Yu Jian, Village dans la brume.
Je ne faisais même plus attention à mon corps et aux efforts que je faisais pour grimper tant j’étais absorbée par ce paysage ou plutôt par cette absence de paysage, le direct opposé de ce coucher de soleil flamboyant de Bretagne durant lequel je m’étais baignée au mois de juin ; une autre sorte d’océan composé de nuages et de néant.
Par moments je pensais au Purgatoire de Dante, j’imaginais cette montagne comme celle que gravissent les pécheurs dans l’espoir de leur rédemption, où les fragiles lueurs que transportent les hommes en quête du fameux lever de soleil se confondent avec celles, plus éthérées, des âmes repenties en quête d’éternité. Le silence dans lequel nous étions plongés, parfois troublé par les morsures erratiques des bourrasques de haute altitude, invitait à rentrer en soi, et si le vent asséchait mes larmes avant qu’elles ne roulent le long de mes cils, mon cœur, lui, battait au rythme d’un délicieux sanglot.

En revanche, la dernière partie de la montée fut terrible. Je vacillais sur mes jambes à cause du vent glacial que quatre couches de vêtements ne parvenaient pas à freiner. L’effort, la fatigue, la légère peur du vide, tout me paraissait insupportable, mais, mais…








…difficile de dire que ce bref désespoir n’en valait pas la peine. Je passerai donc sous silence l’agonie de la descente pour ne pas gâcher la magie de ces quelques photos-souvenirs. 

Je me suis même acheté un fuji-pudding pour fêter ça.
Et parce que même à 3000 mètres d’altitude, ton bâton de pèlerin peut être kawaii.

lundi 7 juillet 2014

CLXXV ~ Lorina Liddell à la Japan Expo

Souvenirs.
En ce premier lundi de juillet, les événements lolita du mois sont déjà derrière moi. Et comme à chaque fois, je ne les ai pas vus passer du tout.

Pour commencer, à l’occasion de la Japan Expo, j’ai aidé les gérants de la boutique Lorina Liddell à tenir leur stand. Sincèrement, ce fut épuisant, mais j’en garde tout de même déjà un très bon souvenir. J’étais heureuse de graviter entre plein de belles choses, et surtout de me sentir utile. J’ai adoré accueillir nos visiteurs avec le sourire, voir certains regards pétiller devant les petites merveilles que l’on vendait (parce que franchement, si j’avais pu acheter la majeure partie du stand, je l’aurais fait sans hésiter), discuter avec certaines personnes que je connaissais ; même la maintenance pure et dure, comme l’étiquetage et le rangement, me mettait du baume au cœur. (Bon, j’ai aussi eu très mal aux pieds et le bruit me rendait nerveuse par moments, de toutes façons on n’est jamais mieux qu’au calme sous sa couette, mais vous voyez ce que je veux dire.)


Le collier papillon que vous voyez tout à droite a été mon premier grand coup de foudre de cette Japan Expo. Il est fait de bois peint, et je lui trouve un côté joujou rétro un peu creepy que j’apprécie beaucoup. Je suis restée sage parce que le Japon ces prochaines semaines appellera des dépenses beaucoup plus importantes, mais l’avoir sous les yeux en permanence a été un bien doux supplice ! Les bijoux de ce stand, de manière générale, étaient tous superbes.


(J’ai porté le collier de gauche pour mon deuxième jour, je l’ai appelé Méphisto-kun.)

Une vue globale du stand prise par notre grand chef, Motohiro-san.

Clafou-Chloé et moi jouons les mannequins de main.

À gauche, mon deuxième coup de cœur, une boucle d’oreille écureuil volant, conçue de telle sorte que l’on dirait que cette petite bête s’accroche à votre lobe d’oreille. Un écureuil volant qui s’accroche à votre oreille. Qui a eu cette idée incroyable, que je le félicite, que je le glorifie ? (Et à droite, un aperçu de nos such hangers much kawaii.)

Incredible staff.

(Motohiro-san et moi-même. Du coup, j’ai eu la chance de porter le dernier imprimé d’Atelier Pierrot, toujours en réservation pour le moment. Pas du tout ce que j’ai l’habitude de porter, mais visuellement très impressionnant.)

Bon, et ma préférée, ma tenue du défilé d’Enchanted encore améliorée avec cette blouse sublime.
Bref, de beaux vêtements, de beaux souvenirs, que demander de plus.
Je tenais aussi à remercier les quelques lectrices de ce blog qui sont venues me dire quelques mots alors que je tenais le stand ou que je zieutais les goodies Sailor Moon de chez Spinns, vous rencontrer même brièvement m’a vraiment fait plaisir, et je suis contente de pouvoir mettre des visages sur quelques pseudonymes que j’ai croisés par ici. Et puis merci à Yumi-san et Motohiro-san de m’avoir fait confiance, je suis contente d'avoir pu vivre ces trois jours avec eux.

(Bonus éminemment nécessaire.)

Et un peu de Kokusyoku Sumire pour finir. 
Transparent White Star