mardi 21 octobre 2014

Go go Japan 2.0 : 花 の ダイアリー 2014! #5 (le journal 2014 de Hana au Japon #5)

Nouvelle plongée dans mes souvenirs du Japon, et bienvenue une fois de plus à Kyōto, pour quelques clichés autour des Pavillons d’or et d’argent. Je les avais ratés l’an passé par manque de temps, cette année ils devinrent incontournables pour mon passage dans le Kansai.


Commençons ! Le Kinkaku-ji, ou pavillon d’or, a connu une histoire tourmentée ; totalement détruit dans les années 50, il a été ensuite reconstruit à l’identique. J’ai l’impression que ce destin est inhérent à l’architecture religieuse nippone ; combien de destructions, combien de restaurations ? Dans tous les cas, au-delà des questionnements sur l’authenticité de ce type de monuments, l’œil est réjoui – sans doute est-ce le principal.

Le lac qui borde le pavillon est superbe, admirez toutes ces nuances de vert !
Le jardin est rempli de petits lieux de prière comme ceux-là, où l'on tente sa chance en lançant une pièce dans une pierre creuse ou dans un bol. Je n’ai pas été mauvaise à ce petit exercice !
Coucou.

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Un trajet en bus plus tard, autre ambiance, celle du pavillon d’argent, plus sobre (on y ressent bien plus l’esprit zen qui le traverse), au bois d’émeraude. Autrefois, des moines zen y prenaient le thé sous une cascade… 
Le pavillon en lui-même, entouré d'arbres et d’un jardin sablonneux, est plus sobre. Je m’y verrais bien vivre, en fait – on a les rêves que l’on peut. 

Le jardin de sable et son… point culminant ?
Coucou, à vous aussi.
Le jeu de tir, divertissement favori des bouddhistes, semblerait-il.
Sur le chemin tortueux de la petite forêt, un lieu de prières à sa mesure.

La journée se trouva teintée de cette nostalgie aux accents presque poétiques qui surgit face au jeu du soleil et des branches noueuses, reflets du ciel dans un cœur qui se laisse bercer par les sens. L’imagination vogue entre les aiguilles des pins, où tant ont soupiré avant soi. Le bref passage est si bien suggéré. Un coup de pied dans le sable, un arbre qui pourrit lentement, et des milliers d'âmes qui passent, la fleur à la bouche.

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Et sinon, d’un temple à un autre, voici quelques trouvailles de valeur plus ou moins égale. Plus ou moins. 


Je me suis demandé si le « nothing » shakespearien équivalait aux suicides amoureux. Aujourd’hui, je reste toujours perplexe. Heureusement, pour adoucir ces obscures pensées, j’ai croisé des lapins en kimono. Des lapins sous toutes leurs formes en fait, même sucrés et fourrés aux azuki ou au matcha (je sens mon estomac gronder). 

Ceux-là même

 À Kyōto donc, on aime bien les lapins, et on trouve au coin d’une rue un panneau très sympathique pour qui s’intéresse aux symboles, aux lapins, voire même aux deux. 

Metamoruhozu, ne. 


Ah, le chemin des philosophes, si tranquille ! (Pourtant l’on sait bien qu’un philosophe ne peut philosopher sans cris, larmes, maladies de nerfs et ours en peluche. Que l’on cesse de nous mentir, à la fin !) Très joli en été, de ce que j’ai ressenti, paraît-il encore plus joli au printemps sous les cerisiers en fleur. J’imagine qu’en bonne disciple de saint Thomas, le mieux serait que j’aille vérifier sur place (la bonne excuse).
Cabotinages mis à part, l’endroit est charmant ; une mince rivière glougloute d’un côté, et de l’autre se succèdent petites maisons, restaurants et boutiques de fanfreluches. Que l’on tourne la tête à droite ou à gauche, on pense se promener dans une bourgade de campagne abandonnée des touristes (ce qui est sans doute faux au printemps, sous les fameuses sakura, mais assez juste en été, peu avant le coucher du soleil…).


Ah, l’une de mes vues préférées de ce séjour, l’océan de nuages qui recouvre un cimetière de quartier. On ne sait si l’écume figure un combat, qui de l’ombre pluvieuse ou de la lumière caniculaire l’emportera (mais je sais qu’à cet instant, je devais prier pour une bonne ondée rafraîchissante).

Et enfin, le coucher de soleil vu de la tour de Kyōto. Ici, une photographie toute bête que ne craindront pas les arachnophobes, sachant que j’ai passé un bout de temps à essayer de saisir de mon objectif une araignée qui dansait à l’extérieur de la tour et qui semblait flotter dans les airs tant sa toile, d’une finesse exquise, paraissait invisible.

jeudi 16 octobre 2014

CLXXXV ~ Pourriture noble

[Attention, billet fourre-tout.]

Morceau du Calendrier Magique (October), de Manuel Orazi, 1895.
Ah, octobre ! Encore un mois dont j’apprécie de plus en plus la poésie, alors que les années passent. La pluie est douce, les couleurs encore chaudes, les parfums mêlent le sec et l’humide…

Et les Boo sont de sortie.
L’automne est, pour moi, la saison idéale des thés fumés, des Pu Erh, dont le goût corsé est un écho délicieux à la déliquescence du dehors. Si me réveiller le matin m’est difficile, casser ma galette de thé face à l’aube rougeoyante forme une belle consolation.
Et que dire des pommes, des potimarrons, des clémentines, du miel qui envahissent mes désirs ! L’automne me donne faim. L’automne est sensuel.


J’ai essayé de reproduire le raffinement d’un thé traditionnel japonais avec cette belle vaisselle rapportée de Kyōto ; j’ai besoin de progresser dans la préparation du matcha (on a déjà vu plus jolie mousse), mais j’étais tout de même contente de moi. Les pâtisseries, venues de Toraya, représentaient un vol d’oies sauvages et une bogue de jeune châtaigne. Je les avais accompagnées de deux haïkus de saison.

Oie sauvage, oie sauvage,
Quel âge avais-tu
À ton premier voyage ? (Issa)

Une châtaigne tombe 
Les insectes font silence 
Parmi les herbes (Bashō)


Un peu plus tard, j’ai été goûter à l’Autre Thé avec Charlotte, où j’ai découvert leur Tarry Souchoung, un lapsang souchong corsé de chez corsé, dont j’ai immédiatement acheté un échantillon… Qui s’est marié à merveille avec une poêlée de pommes au miel et aux noisettes que j’ai faite en début de semaine. L’automne, disais-je. 

Source
J’espérais depuis quelque temps partir quelques jours à Prague à la fin du mois, mais ce projet me paraît de plus en plus compromis. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi déçue, je le vis presque comme un échec personnel, alors que ce n’est pas totalement de mon fait… Enfin. J’essaie de penser à d’autres choses, de me changer les idées. Je joue à Luigi’s Mansion

M’est avis que Luigi aussi aurait besoin de se changer les idées.
Et même si mes finances ne sont toujours pas au beau fixe, elles s’assainissent lentement ; j’ai enfin pu commencer à payer ma commande Clara Maeda qui date d’août dernier… On progresse !



…j’attends également ces petites choses de chez VooDoooDolly grâce à un chèque surprise, ainsi qu’un gros paquet de perles. Je profiterai de mes vacances pour en faire quelque chose de sympathique (essayons de transformer l’acte manqué pragois en période bénéfique...).

Eveline Tarunadjaja aime les filles et les champignons, tout comme moi.

Encore un peu de nourriture, pour finir, avec les douceurs de saison de chez Ciel. Chocolat-praliné à ma gauche, violette-myrtille à ma droite – que demander de plus ? 
Il faudrait que je me rende à l’Éclair de génie aussi, ils confectionnent en ce moment un éclair pomme sirop d'érable qui me semble tout simplement terrible…

vendredi 10 octobre 2014

CLXXXIV ~ Lotus d’ébène


Voilà longtemps que je voulais réaliser des photos dans cet esprit, ni tout à fait courtisane dix-neuvièmiste ni vraiment ero-lolita. En avril ou en mai dernier (et oui, ça date !), je sortis d’une séance de L’Apollonide la tête dans la lune, où dansaient les paroles d’une chanson de Cocorosie que j’écoutais en boucle à ce moment-là. Rêvassant (comme souvent) sur l’attente et l’ennui, j’avais envie de couleurs délavées, un brin salies, de voiles, de plumes et de déshabillés plus ou moins évocateurs. Et grâce à Aliénor, mes divagations ont pris forme. Mille mercis donc à Aliénor McDenek pour la prise de vues !








(La chanson en question, pour la route)


I like to look up wild at an infinite sky
Twinkling with diamonds
It's true I get depressed in fancy hotel rooms
Undressed with nothing to flaunt but my loneliness
Thinking of the night song of your hair
Premature as evening falls
It calls to me
Interrupted by the sirens in the street

mardi 7 octobre 2014

Go go Japan 2.0 : 花 の ダイアリー 2014! #4 (le journal 2014 de Hana au Japon #4)

~ Welcome to the Christon Cafe! ~

(Je n’ai pas du tout passé tout le séjour à porter cette robe, c’est complètement faux.)
Après un billet assez pesant, revoici quelques souvenirs plus légers du Japon.  Le soir précédant mon retour en France a été l’occasion de découvrir enfin ce café (qui ressemble plus à un bar d’ailleurs) emblématique des premiers Gothic & Lolita Bible et que je rêvais de visiter à 15 ans, des étoiles plein les yeux. 

J’aurais peut-être même pu croiser Mana incognito, qui sait.
Bien caché dans l’un des innombrables immeubles de Shinjuku, le Christon Cafe est une merveille de kitsch décadent un tantinet blasphématoire (Jésus y est représenté derrière des platines, donnant une nouvelle dimension à la célèbre phrase last night a DJ saved my life). Évidemment, j’ai adoré.


Je réalise que mes photos ne donnent aucune idée de profondeur, l’endroit est tout de même assez grand, en tout cas bien plus grand que ce qui est suggéré par ces images…
Le Carré VIP.

Ce mélange entre icônes religieuses et boîte de nuit ringarde à souhait me paraît formidable. Je me dis souvent que ces rencontres improbables ne peuvent se trouver qu’au Japon, ou à la rigueur en Europe de l’Est – ne me demandez pas pourquoi. (Peut-être est-ce pour cela que je meurs d’envie d’aller à Prague depuis quelques semaines ?)
Notez que la plupart des objets sacrés présents ne sont pas des reproductions mais des objets chinés… qui ont donc déjà servi pour le culte (on peut même trouver une soutane !).

Plafond.
L’entrée de la salle d’eau pour dames. Je veux la même chose chez moi.
Si le lieu est sympathique, leurs desserts le sont tout autant. Je n’ai pas goûté leurs plats salés (rien de végétarien malheureusement), mais les douceurs sont agréables.

Mon cheesecake, blessing the holy cross brand baked cheese cake sur la carte (ça ne s’invente pas).
Le deep black temptation gateau chocolate de l’Amy cher à mon cœur.
Nos cocktails, à la rose pour moi (à gauche), sorte de piña colada pour mon Amy. Oui, c’est un faux glaçon lumineux.
La nostalgie a beaucoup contribué au caractère exceptionnel de cette sortie, mais cette dernière aurait tout de même été réussie si j’avais découvert le lieu par hasard (être en bonne compagnie y est sans doute aussi pour quelque chose) ; quoiqu’il en soit, je suis contente d’avoir pu passer ma dernière soirée au Japon là-bas (sinon complètement euphorique). 
Transparent White Star