samedi 20 septembre 2014

CLXXX ~ Saturne

 

Je n’ai pas à proprement parler grandi avec Sailor Moon. J’ai découvert le manga à l’aube de l’adolescence, après avoir regardé deux ou trois épisodes du dessin animé chez des amies de primaire, sans que celui-ci ne me touche outre mesure. En revanche, le manga m’a complètement bouleversée. Le nombre de références à divers systèmes symboliques (en particulier à la mythologie grecque, mais pas seulement), la richesse des différents degrés de lecture, le caractère très sombre des arcs successifs et la diversité des personnages en font une série qu’on ne lit jamais deux fois de la même manière. Et chaque personnage, bien que suffisamment archétypé pour que le lecteur puisse s’y identifier, possède une personnalité cohérente et complexe qui lui est propre. De fait, on s’attache rapidement, même si les préférences ne tardent pas à se préciser. 
Dans le monde de Sailor Moon, il existe peu de personnages que je n’aime pas. Peut-être Chibi-Usa, et encore, sans elle, pas de cette merveilleuse Black Lady ! Mais malgré tout, peu sont ceux qui m’inspirent et me subjuguent autant que Sailor Saturne/Tomoe Hotaru.


(Je risque de révéler quelques parties de l’intrigue ici, autant prévenir.)


De base, je suis quelque peu vendue, car la figure saturnienne me fascine beaucoup. Saturne le mélancolique, le bilieux, rattaché à la terre stérile dans la théorie des humeurs, Oreste chez Racine, puis dandy baudelairien…! Saturne, figure de la temporalité, de l'âge qui avance, de la crainte des regrets et de la mort qui veille… Cette masse symbolique parle beaucoup à mon caractère contemplatif. Si je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de Saturne en moi, la figure m’attire irrésistiblement.
Bref, lorsque je commençai Sailor Moon, voyant le nombre de planètes de notre système se faire de plus en plus nombreux, je n’avais qu’une hâte : que Saturne arrive. Et je n’ai pas été déçue. La jeune Hotaru correspond parfaitement a sa nature saturnienne. Jeune et se sentant pourtant déjà âgée, comme si elle portait le poids de l’univers sur ses épaules (ce qui est le cas, d’une certaine manière !), elle regarde sa vie passer avec langueur. Après un tragique incendie, son corps ne lui appartient plus ; à moitié robotisée, faible, malade, elle survit, silhouette sombre dans un milieu qui rejette son essence. 
C’est la Lune, en la personne de Chibi-Usa, qui va lentement la révéler à elle-même. Saturne et la Lune étant opposés sur la roue zodiacale et symbolique, je ne pense pas que ce soit un hasard ; les opposés s’attirent, comme dit le lieu-commun, et Naoko Takeuchi manie ses sources d’inspiration avec brio. La Lune blanche, symbole de pureté, d'amour et de fécondité, éveille cette demi-jeune fille à propre nature, qui passe par la destruction. 
Saturne est crainte, à juste titre. Son éveil signifie la mort de notre univers, que ce soit sous sa forme pervertie (Mistress 9) ou originelle. « Je suis la justicière qui doit détruire pour qu’il y ait renaissance »… elle forme avec la Lune blanche l’éternel couple de la mort et de la vie.



(Mes deux senshis préférées, Pluton le temps, Saturne l'espace. Chronos se retrouverait presque scindé en deux, c’est un peu le dénaturer ; mais enfin, si l’on considère que ces deux justicières solitaires fonctionnent en un duo silencieux, ça peut marcher, et joliment, même.)
Bref (bis), dès que j’eus fini le troisième arc pour la première fois, après avoir pleuré devant la beauté de l’apparition de Saturne, je suis restée longtemps silencieuse, et j’ai relu les tomes 7 à 10 en boucle. Pendant mes années lycée, j’emportais toujours ces livres avec moi lors de voyages ou de longs déplacements, tant je ne m’en lassais pas. C'était un peu ma Tentation de Saint-Antoine de l'époque, en quelque sorte !


Comme beaucoup de fans, j’imagine, j’ai été vraiment déçue du traitement qui a été réservé à Hotaru dans les arcs suivants. Après avoir à nouveau levé les bras vers le ciel de joie lors de son deuxième réveil (c’était quand même une enfant qui jouait du violon à la perfection, était capable de créer des systèmes solaires miniatures et citait du Einstein pour dire « coucou, je me suis éveillée a ma véritable nature »), je n’ai pu que constater sa disparition. Antagoniste symbolique de Sailor Moon, elle ne devient ensuite qu’une senshi mineure qui traîne avec Chibi-Usa et se bagarre vaguement quand on a besoin d’elle. C'est… peu. Mais enfin. Cela signifie juste que le troisième arc restera mon préféré et que je continuerai toujours à le lire avec grand plaisir. 


À vrai dire, au début de cet article, je voulais simplement parler de la figurine Saturne que j’ai reçue il y a peu (merci encore, Angeline !), et je me suis quelque peu laissée emporter. Parlons de la figurine, donc.

Comme les autres de cette collection, elle arrive avec plusieurs types de mains et de visages. J’avoue que pour le moment je ne me suis pas beaucoup amusée à essayer différentes positions (oh, ça va hein), je rêvais surtout de la voir abattre son glaive (si, si).

Là, là !
Malheureusement je ne pouvais pas la mettre exactement dans cette pose-ci (les différents types de mains ne me le permettaient pas), pour autant je suis tout de même contente du résultat.


Tout comme la Vénus de Clafou-Chloé, elle possède quelques petits défauts de peinture (pas sur le visage ceci dit, heureusement), et j’ai repéré un défaut de moulage aussi, mais ce serait chipoter.


Maintenant j’ai un petit coin Saturne dans mon étagère à goodies. Et j’en suis tellement heureuse.
(Je suis soulagée aussi de réaliser que posséder l’une de ces figurines ne me donne pas envie de posséder les autres. Celle de Pluton, à la rigueur, pour former mon duo d’amour. Et de Neptune, car c’est à elle que je m’identifie le plus. Mais posséder Neptune sans Uranus ? Damn.)

Perfection, donc.

vendredi 19 septembre 2014

CLXXIX ~ Les Machines de l’Île


En attendant de trier mes photos du Japon (moi, lente ? Que nenni !), voici déjà celles de ma petite escapade nantaise, fin août. Nantes est une ville que je voulais visiter depuis que ma chère Nokturnal y avait passé une journée, voilà un peu moins d’un an. C’est par elle que j’ai découvert les Machines de l’Île, qui m’ont ravie pendant tout un après-midi.

L’île de Nantes, ancien bastion des chantiers navals, a été en grande partie réhabilitée par des artistes contemporains qui en ont fait leur terrain de jeux. La compagnie de théâtre toulousaine La Machine a investi certains hangars pour y mettre en scène leurs (délirantes !) inventions, énormes machines (tiens donc) aux inspirations animalières. 

Les espaces aménagés sont en perpétuelle mutation, en fonction des créations de la compagnie. En ce moment, elle présente les prémices de son futur arbre aux hérons, qui devrait être achevé autour de 2019, gigantesque sculpture d’acier et de métal qui accueillera fougères et plantes exotiques parmi lesquelles se cacheront de mystérieuses créatures…


… dont le héron, grand héros de ce projet. Les visiteurs pourront grimper dans les nacelles et profiter d'un petit tour en oiseau pour découvrir une vue aérienne de Nantes, de ses hangars et de son cœur historique…

Maquette de l’arbre, plutôt prometteuse !
Les bestioles que l’on y trouvera. La majeure partie d’entre elles sont prévues pour accueillir les visiteurs (je veux une araignée !).

La suite de mon excursion se déroula autour du carrousel des mondes marins, manège de trois étages sur le thème de l’imaginaire marin. De la surface aux abysses, des reproductions de petits bateaux bretons côtoient monstres aquatiques et crabes géants. J’ai grimpé à dos de poisson volant et de larve de crabe, que de souvenirs. 

(Si je le pouvais, je ferais de cette adorable coquille de noix mon moyen de transport par excellence.)

Crabe !
J’aime beaucoup ce parti-pris qui consiste à laisser quelques mécanismes apparents. On se croirait réellement dans un cabinet de curiosités mouvant et démesuré, ou dans un roman de Jules Verne (sinon dans les deux, voire même dans les deux en même temps. Voilà qui laisse songeur). C’est une esthétique qui me plaît beaucoup, quelque peu bizarre, proche de ce fantasme dix-neuvièmiste auquel je lie mon lolita. Je verrais bien des chats Ahcahcum se promener dans le coin, tiens. 

L’éléphant, sans doute la machine la plus connue de l’île.
La librairie est aussi très sympathique, avec pas mal de livres qui retracent l’histoire de la compagnie et des machines, croquis et belles photos à la clef. Pour le reste, je m’arrête ici hélas, ma batterie étant rapidement tombée à plat ce jour-là. Je finirai simplement en disant que je garde un très bon souvenir de mon excursion, qui s’est achevée par une balade dans le vieux Nantes jusqu’au château des ducs de Bretagne (où je suis arrivée 15 minutes avant la fermeture, autant dire que je n’en ai rien vu). J’ai visité quelques églises, aussi…

Je vous laisse avec le lien du site de La Machine, plein de belles choses (dont l’esprit du cheval dragon, entr’aperçu dans l’atelier et qui semble absolument superbe).

Et avec un bout de la basilique néogothique de Saint-Nicolas, histoire de.

mardi 9 septembre 2014

CLXXVIII

« Et toi, entrelace de tes mains délicates des rameaux d’aneth et couronnes-en tes beaux cheveux, car les bienheureuses Grâces préfèrent voir une femme fleurie et se détournent de celles qui ne portent pas de couronnes. »

Sappho.

Ces derniers jours, je ne fais pas grand chose sinon lire de la poésie et jouer, autant dire que je n’ai qu’un demi pied dans la réalité, et encore.

Par さんみ sur Pixiv.

J’ai commencé à suivre plus ou moins vaguement depuis plusieurs mois des bouquinistes sur Internet, j’ai une liste de souhaits longues comme le bras et chère comme… ~soupir. Mon rêve absolu est d’acquérir l’édition originale du Parnasse contemporain, trois tomes publiés entre 1866 et 1876 que je feuillette sur Gallica à défaut d’autre chose.
Il existent.
J’en ai vu deux sur trois. 
Évidemment, je suis loin d’avoir les moyens de les acheter. 
La collection de livres anciens a toujours eu quelque chose de rebutant pour moi, car c’est réellement la rareté de l’objet que l’on paie, non l’œuvre ou le travail de l’auteur (même si ce dernier peut être lié à la rareté d’une édition particulière). Le livre de poche ou la lecture dématérialisée rendent complètement inutile la nécessité de pareil achat  ; le monde des bouquinistes est pure spéculation, et quelque chose dans la spéculation me met mal à l’aise. Pour vous donner une idée, le bouquiniste est pour moi un petit escroc aux dents longues, qui se meut dans un univers malsain dans le style de la Neuvième Porte (oui, je m’en fais sans doute une idée exagérée).
Pourtant, j’adorerais être Dean Corso (le protagoniste, donc). J’ai adoré l’ambiance de ce film, j’avais l’impression de sentir le papier ancien à tous les plans. Et je sais que mettre le prix pour posséder ce que je juge être un trésor ne me dérange pas, dans l’absolu.
Le plaisir de la possession mêlé à la rareté, à la beauté, à la puissance de l’imagination, aux sensations multiples que procure physiquement le livre, au contact éthéré des mains qui l’ont touché des décennies avant moi… L’amour de la collection transcende celui de la matière, et lorsqu’il s’agit de livres…!
Je pense qu’il ne me reste plus qu’à assumer pleinement mes travers de material girl. Comme si mes cartons béants de vêtements n’en témoignaient pas déjà.

D’ici la fin de l’année, je posséderai un livre rare. 
 Le Parnasse. Ou Ondine.


Et sinon, j’ai commencé voilà une semaine à remplir le Tumblr que je comptais dédier à mes poses d’amateur depuis, hmm, trois mois ?
Il est ici, il existe, il ne contient que du réchauffé pour le moment, mais j’espère que cela changera bientôt. Je me remue trop lentement pour faire ce que j’aime, mais au moins je me remue, c’est un commencement. Bref, accueillez Flowery Foam *paie ton nom cliché préraphaélite/hipster, mais zut*, et je l’écris en gros caractères parce que j’aime l’auto-promotion.

~ Interlude musical ~ 

(Le Dernier Sommeil de la Vierge, de Massenet. C’est un peu niais, mais un passage au violon touche du doigt des sommets de grâce, vers la fin.)

Pour finir, un petit mot de remerciements et de louanges pour deux amies qui ont consacré un peu de temps pour me dessiner de bien chouettes illustrations sur le thème de Sailor Moon. Rehem sur ma gauche (avec une fonte art nouveau !), Marie sur ma droite (rori-Saturne !), mille mercis mesdemoiselles ; vous m’avez comblée !

samedi 6 septembre 2014

Livres du Soleil-Levant, deuxième édition.

Avec le déballage des valises et des cartons vinrent aussi les retrouvailles avec mes nouveaux livres. Je croule sous le papier glacé… 


Pour cette deuxième fournée, voici Tiny Wrapping, le deuxième volume de photos des miniatures Nunu's House, Cat Art et une plongée chez Ahcahcum Muchacha.

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Tiny Wrapping est un manuel de DIY qui contient patrons et explications servant à réaliser de tout petits emballages pour de tout petits cadeaux, accompagnés de mises en scène délicates et adorables.
Parce que l’on a tous besoin de savoir comment offrir des boutons de la façon la plus mignonne possible… j’imagine.


Les tutoriels, aisément compréhensibles même si on ne lit pas un mot de japonais, sont accompagnés de dessins explicatifs très utiles ; de façon générale, rien n’est bien compliqué là dedans. Deux coups de ciseaux, quelques pliages, un point de colle, et vous faites d'un objet insignifiant un cadeau formidable. La vie n’est-elle pas fabuleuse !

J’ai peut-être l’air un peu trop emphatique, mais imaginez-vous recevant une chouquette dans un minuscule paquet chat, et osez me dire que ce ne serait pas le plus beau jour de votre vie.
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Il me semble que j’en avais déjà parlé ici, bien que je ne sache plus du tout pour quelle occasion ; quoi qu’il en soit, cela fait plusieurs années que je suis le travail de Nunu’s House via leur site Internet et que je râle avec ferveur devant ces génies de la miniature.

Dites-vous que ceci mesure autour de deux centimètres et demi.
Les petites tartelettes de ce présentoir mesurent entre cinq et six millimètres.

Ces quelques photos servent surtout à illustrer le contenu du livre, je vous recommande plutôt le site de Nunu pour vous faire une idée de leur talent.

Certaines créations sont présentées à échelle réelle, comme ici en haut à droite.
Et enfin, à la fin du livre, on vous présente quelques tutoriels afin de vous faire enrager devant votre impuissance vous permettre de reproduire la même chose chez vous. (Et donc de pleurer des larmes de sang.)
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Cat Art, de Shu Yamamoto, doit être le livre le plus curieux sur lequel je suis tombée là-bas (du moins en librairie classique). Il reprend, sur environ 300 pages, de grands classiques de la peinture occidentale en transformant tous les personnages en… chats.
Le Printemps de Botticelli, donc…
Les Ménines
Le principe est rigolo à souhait, d’autant que nombre de jeux de mots se cachent dans les titres des œuvres (lisibles uniquement en japonais malheureusement, mais le plus souvent en katakana, donc accessible à ceux qui ont quelques notions de phonétique – c’est déjà ça).

Et même dans les tableaux, voyez la feuille que tient ici Marat, ou plutôt Manya (Marat mélangé au nya qui équivaut au miaou chez les Nippons).
La Grande Odalisque n’a jamais été aussi sensuelle (euh…).
Les chats boivent de l’absinthe aussi parfois, n’en déplaise à Degas.
Les mots m’échappent.
OWI OWI OWI
Mine de rien, le travail de l’artiste de base est très minutieusement respecté.
Et le Fils de l’homme devient le Fils du chat. La boucle est bouclée.

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Enfin, pour finir, restons chez les chats, restons dans l’absurde, voici le livre de la marque Ahcahcum Atchoum Muchacha.


L’ouvrage est divisé en différents chapitres autour de l’univers de la marque (présentation de la créatrice, des pièces emblématiques, des imprimés par année, des sources d’inspiration…) ; tout est chargé, creepy, absolument génial (non, je ne camoufle aucunement ma partialité).

CHAMPIGNONS. Avec des bras et/ou des jambes. *Lève les bras vers le ciel dans une fièvre mystique.*
Ces jolis chats servent de pages intermédiaires pour séparer chaque chapitre.
Nous avons droit également à de belles photos qui mettent en scène quelques vêtements.

Des imprimés (j’avais du mal à choisir mon préféré parmi ceux-là, alors je les ai tous mis).

Différentes collaborations.

Sources d’inspiration.
Je dois dire que ce livre a fait naître en moi une fièvre acheteuse géante, j’ai vraiment hâte de devenir riche à millions (ou pas) pour faire venir l’une de leurs grandes pièces chez moi. Vous souvenez-vous, par exemple, de la magnifique robe à fleurs d’entrecôtes ?

Souvenir d’un vieux Cutie de 2013.
Ceci, mes chers lecteurs et amis, me rappelle que le monde est vraiment, vraiment empli de mystères et de surprises. 

Et pour fêter cela, je pars ajouter une perruque tressée à mon Creepy Cat bag.
Transparent White Star