mercredi 28 janvier 2015

CCIX ~ Random Prague.

Quatrième et dernier billet consacré à Prague ; avec des photos sans thème précis sinon celui d'être les ultimes rescapées du crible retenant ratés, flous et (trop) mauvais cadrages. Deux mois déjà que j’ai foulé le sol tchèque, il était temps que je termine ce tri…!

Vue de la ville, le premier matin du séjour, sur les remparts du Château de Prague. L’Europe centrale offrait de beaux prémices de l’hiver à venir avec ses ciels blancs et ses arbres nus.


paye ton cadrage Les décorations murales du palais Rozmbersky, bel écrin pour un lieu touristique sans grand intérêt mais agréable malgré tout.

Quelques façades de la Nerudova, célèbre pour son symbolisme alchimique, et de ses environs. La Prague touristique est une ville où garder le nez en l'air est essentiel, tant de petits bijoux ornementaux rythment ses bâtiments colorés.

Goûter et pont Saint-Charles.

Près de la place de la Vieille-Ville, et la fameuse horloge astronomique.

L’église du quartier de Vysehrad et son petit cimetière attenant, avec les tombes de Mucha et de Dvorak, entre autres…


Toutes les occasions sont bonnes pour écouter Anton.

La tombe du fameux musicien à droite, et à gauche une décoration de l’église. Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore cette photo. Je suis tellement déçue que toutes les autres prises de ce jour-là soient ratées…
 
Et enfin…
Daleks in the Muzeum
 Tout est dit.

lundi 26 janvier 2015

CCVIII ~ 月

Katsushika Hokusai, Bourgeons de prunier et Lune.
Je ne suis guère présente par ici ces derniers jours, mais je vais bien. 2015 commence sur les chapeaux de roues et je me renferme beaucoup dans mon cocon afin de tout accueillir au mieux. Par conséquent, je suis à mille lieux de la réalité. En plein milieu de La Condition humaine, il me semble que je passe complètement à côté de l’œuvre sans trop savoir exactement pourquoi ; au lieu de ressentir physiquement l’humanité, je pars nager la nuit avec des dragons.  
J’ai même trouvé un talisman.

Argent et pierre de lune par Omnia.
Je me sens traversée par tant d’harmonie, pourvu que cela dure. D’où ces peintures qui illustrent fort bien mon délicieux sentiment de flottement. Quant à la musique, elle m’accompagne grâce à Messalyn qui a fait ressurgir du Lethé ces chansons que j’apprécie beaucoup (ce fut d'ailleurs elle qui les avait plantées dans mon esprit il y a plusieurs années, maintenant).


Matsubayashi Keigetsu, Shunsho-Kaei 1
Matsubayashi Keigetsu, Shunsho-Kaei 2
Ogata Gekko
Matsubayashi Keigetsu
Matsubayashi Keigetsu, Fleurs luisant dans la nuit de printemps.

mercredi 14 janvier 2015

CCVII

« Nous devons accepter notre existence aussi complètement qu’il est possible. Tout, même l’inconcevable, doit y devenir possible. Au fond, le seul courage qui nous est demandé est de faire face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable que nous rencontrons. Que les hommes, là, aient été veules, il en a coûté infiniment à la vie. Cette vie que l’on appelle imaginaire, ce monde prétendu "surnaturel", la mort, toutes ces choses nous sont au fond consubstantielles, mais elles ont été chassées de la vie par une défense quotidienne, au point que les sens qui auraient pu les saisir se sont atrophiés. Et encore je ne parle pas de Dieu. La peur de l’inexplicable n’a pas seulement appauvri l’existence de l’individu, mais encore les rapports d’homme à homme, elle les a soustraits au fleuve des possibilités infinies, pour les abriter en quelque lieu sûr de la rive. Ce n’est pas seulement à la paresse que les rapports d'’homme à homme doivent être indiciblement monotones, de se reproduire sans nouveauté : c’est à l’appréhension par l’homme d’un nouveau dont il ne peut prévoir l’issue et qu’il ne se sent pas de taille a affronter. Celui-là seulement qui s’attend à tout, qui n’exclue rien, pas même l’énigme, vivra les rapports d’homme a homme comme de la vie, et en même temps ira au bout de sa propre vie. Si nous nous représentons la vie de l’individu comme une pièce plus ou moins grande, il devient clair que presque tous n’apprennent à connaître qu’un coin de cette pièce, cette place devant la fenêtre, ce rayon dans lequel ils se meuvent et où ils trouvent une certaine sécurité. Combien plus humaine est cette insécurité, pleine de dangers, qui pousse les prisonniers, dans les histoires de Poe, à explorer de leurs doigts leurs cachots terrifiants, à tout connaître des frayeurs indicibles qui en viennent ! Mais nous ne sommes pas des prisonniers. Nulle trappe, nul piège ne nous menace. Nous n’avons rien à redouter. Nous avons été placés dans la vie comme dans l’élément qui nos convient le mieux. Une adaptation millénaire fait que nous ressemblons au monde, au point que si nous restions calmes, nous nous distinguerions à peine, par un mimétisme heureux, de ce qui nous entoure. Nous n’avons aucune raison de nos méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il y est des frayeurs, ce sont les nôtres : s’il y est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il y est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur ce principe qu'il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle. Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples ; les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions. »
Rainer-Maria Rilke, extrait de la VIIIe des Lettres à un jeune poète.

La vie comme grand œuvre, l’être comme pierre précieuse à tailler et à polir. En cette période troublée d’exacerbation de l’instant et de gloire du paraître, lire ces lettres fut comme un renouveau spirituel.

vendredi 9 janvier 2015

CCVI ~ Lolicate

Dédicacé par Arika Takarano, rien que ça !
Il y a une semaine, j’ai commandé sur le site de Lorina Liddell un exemplaire de « Virgin Mary », premier opus du nouveau magazine Lolicate. Ses créateurs sont bien connus dans le petit monde du lolita, on y croise entre autres Arika Takarano (Ali Project), Mariko Suzuki (ancienne rédactrice en chef des Gothic and Lolita Bible), ou encore Kaie Tada (designer de Triple Fortune).

J’avais entendu parler de ce projet via Sapphira Doll, et l’idée d’un magazine apparenté au lolita qui privilégierait la mise en scène photographique au simple catalogue de marques m’a tout de suite plu.

Le format, A3, est plus grand que celui des magazines « classiques ».
On y trouve donc différents shootings aux thèmes variés, toujours dans l’air du temps (on retrouve toutes ces influences Larme-esques que j’aime bien, par exemple, mais aussi du steam à la nippone, des madones éthérées…).



So Syrup-y. Mais j’aime bien.
L’objet est vraiment très joli, le papier de qualité, comme tous les e-mook habituels en somme, mais son format apporte un petit plus, sans que je ne sache vraiment où le situer. Le côté visuel, sans doute. Peut-être regrettera-t-on l’absence de textes (au sens de « littérature », pas de bla-bla explicatif) ; ne lisant qu’avec difficultés le japonais, cela ne me dérange pas outre mesure.


En grand car elle fait partie de mes préférées.
Une illustration de Tama.
Je ne mets pas bien sûr toutes les photographies ici, appelons ceci un avant-goût, en tout cas si vous hésitiez à vous le procurer je recommande cette dépense avec chaleur. Tout est loin d’être lolita dans la silhouette ici (prévenons les puristes), mais au moins, il se dégage de certaines de ces pages l’ambiance qui manque souvent ailleurs.

So suchimu. Much rouages.

Transparent White Star