jeudi 30 octobre 2014

CLXXXVIII ~ Gothic Black


Mieux vaut tard que jamais. Plusieurs mois après les fantômes urbains, Clothilde et moi nous sommes centrées sur le gothic japonais old school des premiers Gothic & Lolita Bible, à base de raschel lace, de grosses plateformes et de noirs baveux.

Et de cheveux. N’oublions pas les cheveux.
J’ai profité de l’occasion pour porter une robe Kazuko Ogawa qui dormait dans mon placard depuis des mois, une merveille de 2004 aux manches bien trop larges pour moi, mais, mais… Comment se séparer d'une pièce aussi emblématique ?


Je sais que beaucoup sont nostalgiques de cette période attendrissante, emplie des maladresses du commencement. Voici donc venu le temps d’écouter de la J-music qui tache un peu et de replonger au début des années 2000. Tout le plaisir est pour nous.

(Et mille mercis à Angeline Bertron pour le maquillage et la prise de vues.)

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mercredi 29 octobre 2014

CLXXXVII ~ Mori HallowInspiration (ou pas)

David Hamilton.

Car si je ferme les yeux, blottie dans mes dentelles, mes rêveries sont sylvestres, féminines, et doucement sombres.

Anne Siems, Messengers.
Anne Siems, Lynx & Walter Crane, Diana
Sarah Moon, Bagatelle.
David Hamilton & J.J. Grandville (Bonsoir donc, ami lecteur ; rentrez chez vous, tenez votre cage bien fermée, dormez bien, faites de beaux rêves et à demain !)

Joseph Cornell
Julie Heffernan, Thing in the forest II

Deux images tirées de la filmographie de Karel Zeman, cinéaste tchèque (Baron Prasil & Carodejuv Ucen)
Sarah Moon, Les Tuileries
Edward Gorey, page de promotion pour la mise en scène au théâtre de Dracula.
Arthur Rackham, Little Miss Muffet & Walter Crane, October
Sarah Moon, Les Collines

dimanche 26 octobre 2014

CLXXXVI ~ Μεθυδριάς



Sirène ! née de la vigueur des flots et de l’écume joyeuse, régie par la mâle divinité des eaux, elle répondait mollement aux étreintes d’un Poséidon repu de lui-même, qui jamais ne regarde et jamais ne retient. Elle existait parmi les milliers de son espèce, grâces sublimes dont les perfections, s’annulant l’une l'autre, ne formaient qu’un désordre charmant de nudités nacrées. Qu’importait son nom ! Comme toutes, les siècles voilaient ses prunelles de leur immuable poussière.


De temps à autre, redevenant sensible, elle exécutait froidement son cœur et son esprit, laissant là orgueil et lassitude pour aimer absolument ce qui est dénué d’amour. Elle abandonnait sa chevelure aux doigts alanguis d’Océan, puissance primitive dont les fureurs viriles endormies, oubliées, ne se manifestaient désormais qu’en de candides tempêtes ; terrifiantes colères de l’innocence !
Ainsi offerte, les courants dévoraient sa chair de leur écriture inepte, dont les amers pleins et déliés imprimaient sur sa peau des frissons grandioses sans jamais en laisser la trace. Elle ne s’éveillait qu’à ces creuses caresses, maîtresse du vide, de la pure matière. Et, lorsque l’ombre d’Hélios illuminait la torpeur océanide d’ors et de bronzes fondus, palpitaient sous sa paupière lasse de longues rêveries, cadencées au rythme langoureux des reflets du ciel.


Croisant l’œil avide de Poséidon, qui sans cesse ne trouvait au travers de ses beautés glauques que le même sein, que le même baiser, elle se tournait vers l’ailleurs, et enlaçait la muette majesté du silence.

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Ces portraits ont été pris par Charlotte Skurzak, MUA Angeline Bertron (trio d’or réunifié !). Ils n’ont pas été retenus pour le projet final de la demoiselle, mais je les poste malgré tout, parce que je les aime bien. Oh, et ce serre-tête fabuleux vient de chez Fidel David.

mardi 21 octobre 2014

Go go Japan 2.0 : 花 の ダイアリー 2014! #5 (le journal 2014 de Hana au Japon #5)

Nouvelle plongée dans mes souvenirs du Japon, et bienvenue une fois de plus à Kyōto, pour quelques clichés autour des Pavillons d’or et d’argent. Je les avais ratés l’an passé par manque de temps, cette année ils devinrent incontournables pour mon passage dans le Kansai.


Commençons ! Le Kinkaku-ji, ou pavillon d’or, a connu une histoire tourmentée ; totalement détruit dans les années 50, il a été ensuite reconstruit à l’identique. J’ai l’impression que ce destin est inhérent à l’architecture religieuse nippone ; combien de destructions, combien de restaurations ? Dans tous les cas, au-delà des questionnements sur l’authenticité de ce type de monuments, l’œil est réjoui – sans doute est-ce le principal.

Le lac qui borde le pavillon est superbe, admirez toutes ces nuances de vert !
Le jardin est rempli de petits lieux de prière comme ceux-là, où l'on tente sa chance en lançant une pièce dans une pierre creuse ou dans un bol. Je n’ai pas été mauvaise à ce petit exercice !
Coucou.

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Un trajet en bus plus tard, autre ambiance, celle du pavillon d’argent, plus sobre (on y ressent bien plus l’esprit zen qui le traverse), au bois d’émeraude. Autrefois, des moines zen y prenaient le thé sous une cascade… 
Le pavillon en lui-même, entouré d'arbres et d’un jardin sablonneux, est plus sobre. Je m’y verrais bien vivre, en fait – on a les rêves que l’on peut. 

Le jardin de sable et son… point culminant ?
Coucou, à vous aussi.
Le jeu de tir, divertissement favori des bouddhistes, semblerait-il.
Sur le chemin tortueux de la petite forêt, un lieu de prières à sa mesure.

La journée se trouva teintée de cette nostalgie aux accents presque poétiques qui surgit face au jeu du soleil et des branches noueuses, reflets du ciel dans un cœur qui se laisse bercer par les sens. L’imagination vogue entre les aiguilles des pins, où tant ont soupiré avant soi. Le bref passage est si bien suggéré. Un coup de pied dans le sable, un arbre qui pourrit lentement, et des milliers d'âmes qui passent, la fleur à la bouche.

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Et sinon, d’un temple à un autre, voici quelques trouvailles de valeur plus ou moins égale. Plus ou moins. 


Je me suis demandé si le « nothing » shakespearien équivalait aux suicides amoureux. Aujourd’hui, je reste toujours perplexe. Heureusement, pour adoucir ces obscures pensées, j’ai croisé des lapins en kimono. Des lapins sous toutes leurs formes en fait, même sucrés et fourrés aux azuki ou au matcha (je sens mon estomac gronder). 

Ceux-là même

 À Kyōto donc, on aime bien les lapins, et on trouve au coin d’une rue un panneau très sympathique pour qui s’intéresse aux symboles, aux lapins, voire même aux deux. 

Metamoruhozu, ne. 


Ah, le chemin des philosophes, si tranquille ! (Pourtant l’on sait bien qu’un philosophe ne peut philosopher sans cris, larmes, maladies de nerfs et ours en peluche. Que l’on cesse de nous mentir, à la fin !) Très joli en été, de ce que j’ai ressenti, paraît-il encore plus joli au printemps sous les cerisiers en fleur. J’imagine qu’en bonne disciple de saint Thomas, le mieux serait que j’aille vérifier sur place (la bonne excuse).
Cabotinages mis à part, l’endroit est charmant ; une mince rivière glougloute d’un côté, et de l’autre se succèdent petites maisons, restaurants et boutiques de fanfreluches. Que l’on tourne la tête à droite ou à gauche, on pense se promener dans une bourgade de campagne abandonnée des touristes (ce qui est sans doute faux au printemps, sous les fameuses sakura, mais assez juste en été, peu avant le coucher du soleil…).


Ah, l’une de mes vues préférées de ce séjour, l’océan de nuages qui recouvre un cimetière de quartier. On ne sait si l’écume figure un combat, qui de l’ombre pluvieuse ou de la lumière caniculaire l’emportera (mais je sais qu’à cet instant, je devais prier pour une bonne ondée rafraîchissante).

Et enfin, le coucher de soleil vu de la tour de Kyōto. Ici, une photographie toute bête que ne craindront pas les arachnophobes, sachant que j’ai passé un bout de temps à essayer de saisir de mon objectif une araignée qui dansait à l’extérieur de la tour et qui semblait flotter dans les airs tant sa toile, d’une finesse exquise, paraissait invisible.

jeudi 16 octobre 2014

CLXXXV ~ Pourriture noble

[Attention, billet fourre-tout.]

Morceau du Calendrier Magique (October), de Manuel Orazi, 1895.
Ah, octobre ! Encore un mois dont j’apprécie de plus en plus la poésie, alors que les années passent. La pluie est douce, les couleurs encore chaudes, les parfums mêlent le sec et l’humide…

Et les Boo sont de sortie.
L’automne est, pour moi, la saison idéale des thés fumés, des Pu Erh, dont le goût corsé est un écho délicieux à la déliquescence du dehors. Si me réveiller le matin m’est difficile, casser ma galette de thé face à l’aube rougeoyante forme une belle consolation.
Et que dire des pommes, des potimarrons, des clémentines, du miel qui envahissent mes désirs ! L’automne me donne faim. L’automne est sensuel.


J’ai essayé de reproduire le raffinement d’un thé traditionnel japonais avec cette belle vaisselle rapportée de Kyōto ; j’ai besoin de progresser dans la préparation du matcha (on a déjà vu plus jolie mousse), mais j’étais tout de même contente de moi. Les pâtisseries, venues de Toraya, représentaient un vol d’oies sauvages et une bogue de jeune châtaigne. Je les avais accompagnées de deux haïkus de saison.

Oie sauvage, oie sauvage,
Quel âge avais-tu
À ton premier voyage ? (Issa)

Une châtaigne tombe 
Les insectes font silence 
Parmi les herbes (Bashō)


Un peu plus tard, j’ai été goûter à l’Autre Thé avec Charlotte, où j’ai découvert leur Tarry Souchoung, un lapsang souchong corsé de chez corsé, dont j’ai immédiatement acheté un échantillon… Qui s’est marié à merveille avec une poêlée de pommes au miel et aux noisettes que j’ai faite en début de semaine. L’automne, disais-je. 

Source
J’espérais depuis quelque temps partir quelques jours à Prague à la fin du mois, mais ce projet me paraît de plus en plus compromis. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi déçue, je le vis presque comme un échec personnel, alors que ce n’est pas totalement de mon fait… Enfin. J’essaie de penser à d’autres choses, de me changer les idées. Je joue à Luigi’s Mansion

M’est avis que Luigi aussi aurait besoin de se changer les idées.
Et même si mes finances ne sont toujours pas au beau fixe, elles s’assainissent lentement ; j’ai enfin pu commencer à payer ma commande Clara Maeda qui date d’août dernier… On progresse !



…j’attends également ces petites choses de chez VooDoooDolly grâce à un chèque surprise, ainsi qu’un gros paquet de perles. Je profiterai de mes vacances pour en faire quelque chose de sympathique (essayons de transformer l’acte manqué pragois en période bénéfique...).

Eveline Tarunadjaja aime les filles et les champignons, tout comme moi.

Encore un peu de nourriture, pour finir, avec les douceurs de saison de chez Ciel. Chocolat-praliné à ma gauche, violette-myrtille à ma droite – que demander de plus ? 
Il faudrait que je me rende à l’Éclair de génie aussi, ils confectionnent en ce moment un éclair pomme sirop d'érable qui me semble tout simplement terrible…

Transparent White Star