vendredi 12 décembre 2014

CXCVIII ~ Des livres et des fantômes sous la neige. (Prague, 2e partie)

Je l’avoue d’emblée car cela se verra très rapidement ici : à Prague, j’ai surtout visité des églises et des cimetières.

Mais pas que.
J’avoue également que je connus la plupart des bâtiments que je rêvais de voir là-bas par les Tumblr d’architecture baroque que je suis depuis plusieurs années. L’ossuaire du billet précédent compris. Et cette merveilleuse bibliothèque du monastère de Strahov également. Tumblr est un merveilleux outil culturel, combien de cinéastes (Zeman, Sokourov…), de musiciens (Cocteau Twins, Melody’s Echo Chamber…), etc. etc. ai-je pu découvrir depuis 5 ans (… déjà) par ce média !
(Bon, j’y ai perdu beaucoup de temps en babioles peu constructives également, mais qu’importe). 

Salle de philosophie. Plus haut : salle de théologie.
Quoi qu’il en soit ; mes photos ne rendent pas du tout justice à ces merveilles (problèmes récurrents de cadrage et de lumière, j’ai une nouvelle bête à dompter), mais je tenais absolument à les poster malgré tout. Le lieu est superbe, évidemment. Tant de noblesse dans ces vieux livres, et de pensées qui s’y gravèrent au fil du temps ! Leur présence illumina les astres ternes qui gravitent dans mes yeux ; je chéris toujours autant mes fulgurances enthousiastes. C’est important, l’enthousiasme. 

Une bible de Jan de Šelmberk, 1440
Dans les couloirs qui relient les deux salles sont exposés codex, animaux séchés, coques, carapaces et herbiers divers et variés ; mille curiosités se cachent derrière les vitres de ces lourdes armoires de bois. 


J’apprécie tellement ce côté studieux teinté d’une ombre lugubre, où la recherche et l’amour du savoir tout-puissant poussent à sécher méticuleusement des écorces de bois et à étudier les ailes des papillons, surtout dans une ville au passé alchimique aussi imposant que celui de Prague. J’imagine des savants déjà vieillis par les longues nuits d’expérimentations, aux mains calleuses, abîmées par le travail, mais aux prunelles toujours vives et lumineuses, se pencher sur une dent de narval et en apprécier le toucher, le poids… Bien sûr, nous nous trouvons ici dans un monastère, dès lors le fantasme du Vinci pragois a ses limites, mais qui sait… ! Sous les robes de bure se cachaient peut-être ces esprits scientifiques, avides et froids qui me fascinent autant. 

Enfin, quittons un peu cette atmosphère laborieuse pour les plaisirs simples de l’hiver. J’eus de la chance lors de mon dernier jour de voyage (oui, n’attendez pas de ces comptes-rendus une quelconque cohérence temporelle, j’en ai abandonné l'idée depuis longtemps) : une légère couche de neige recouvrait les pavés de la ville. 

Et donc, ses jardins.
Neige neige neige !
Le point fort de la matinée fut mon pèlerinage sur la tombe de Kafka, dans le nouveau cimetière juif. J’eus un peu de mal à la trouver, une fois devant je fus contente de voir qu’elle était bien entretenue. (Une demoiselle avait même déposé une épingle à cheveux. Quel tombeur, ce Franz.)

(Pas de photos de la fameuse tombe, je ne m’en suis pas sentie capable.)


Se promener dans un cimetière désert sous la neige, c’est tout de même fantastique. Et les tombes étaient superbes, mastodontes de marbre noir, sobres et majestueux.

Stalactites.
Du coup, après le cimetière nouveau, voici quelques images de l’ancien. L’endroit est connu pour ses tombes amassées les unes sur les autres par manque de place ; on y trouve aussi celle du rabbi Löw, père du légendaire golem de Prague, au 16e siècle…



(Plus d'églises dans le prochain billet, promis.)

6 commentaires:

  1. Il n'y a pas de mots. Juste *O*
    Je rêvais déjà de Prague mais avec ces billets plein de beautés qui se suivent...

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    1. C'est une ville magnifique, je comprends tout à fait qu'elle hante tes rêves !

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  2. Tes photos sont superbes ça fait vraiment envie, cette bibliothèque, ce cimetière sous la neige *o*

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    1. Allons toutes boire un chocolat chaud à Prague !

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  3. Ah oui tu avais effectivement pris un billet pour Tumblr. C'est très inspirant !

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    1. They told me I could be anything, so I became Tumblr.

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